Essais

Histoire d’un trésor perdu : réflexions d’historiens sur la transmission de la Révolution française

Histoire d’un trésor perdu : réflexions d’historiens sur la transmission de la Révolution française

26 août 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Agrégée en histoire, après avoir enseigné à l’université d’Aix en Provence, puis de Dijon et soutenu une thèse portant sur la notion d’étranger dans le discours de la Révolution française, Sophie Wahnich est directrice de recherches au CNRS-EHESS. L’intéressant ouvrage Histoire d’un trésor perdu qu’elle a dirigé vient de paraître aux éditions Les prairies ordinaires.

S. Wahnich (dir.), Histoire d’un trésor perduLE « TRÉSOR » RÉVOLUTIONNAIRE
Ainsi que le rappellent d’emblée les auteurs de cet ouvrage passionnant, la Révolution française fut une période fondatrice pour le pays. Rompant définitivement avec l’ancien régime, même s’ils en accentuèrent certains éléments, comme par exemple la tendance à la centralisation administrative et politique, les Révolutionnaires français remodelèrent considérablement les institutions du pays.

A tel point que le professeur Raymond Carré de Malberg put affirmer en substance que le droit public de la IIIe République découlait directement du précédent de 1789. Les Révolutionnaires firent alors montre d’un rationalisme leur permettant de s’extirper de l’histoire et des traditions royales, de ce que Guizot appelait le « travail des siècles et des générations » pour jeter les bases d’un système représentatif, puis parlementaire.

UN HÉRITAGE TROUBLE ?
Depuis 1789, cette évolution ne fut toutefois pas linéaire, loin s’en faut. Le souvenir de la grande époque révolutionnaire varia fort sensiblement selon la nature du pouvoir gouvernant la France. Sa réception fut fonction de la culture des différents régimes politiques que le pays connut. La valse des régimes s’accompagna de la valse de ce souvenir, lequel ne se fixa jamais définitivement, comme si finalement la Révolution n’était pas un « bloc ».

En l’espèce, les auteurs s’interrogent sur « ce sentiment d’un héritage sans testament, difficile à transmettre, à diffuser, à rendre actif ». Depuis les années 1970, la représentation de la Révolution se fit de plus en plus critique, la dénonciation des « soupçons » nimbant l’épisode historique se généralisant notamment dans l’historiographie ainsi qu’au cinéma et dans les médias. Tantôt présenté de façon éminemment anachronique et probablement ridicule comme un SS avant l’heure (v. « L’ombre d’un doute », France 3), le traitement réservé à Robespierre est tout à fait symptomatique de celui qui est fait à ce que Hegel appelait cette « époque du monde ».

Il semble que la perpétuation de ce souvenir grandiose passe par le retour à la problématique révolutionnaire, laquelle n’est finalement pas très éloignée de la nôtre…

S. Wahnich (dir.), Histoire d’un trésor perdu, Éditions Les prairies ordinaires, 2013, 384 p., 24 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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