Essais
Hervé Mazurel, Vertiges de la guerre

Hervé Mazurel, Vertiges de la guerre

07 novembre 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Maître de conférences à l’Université de Bourgogne, spécialiste du romantisme, Hervé Mazurel publie un ouvrage sur le poète anglais Lord Byron et sur son amour pour la Grèce.

Hervé Mazurel, Vertiges de la guerreL’INSURRECTION GRECQUE DU PRINTEMPS 1821
Au début du XIXe siècle, quelque mille deux cents personnes, dont Lord Byron, ont accompagné le soulèvement des Grecs contre le joug ottoman. Ces volontaires venaient de tous les pays d’Europe, ils étaient Allemands, Français, Britanniques, Italiens, etc. Ils voulaient combattre le Turc. On retrouvait donc, sous le même drapeau, les vaincus et les vainqueurs de Waterloo.

Pour beaucoup de jeunes, il fallait avoir connu l’épreuve du feu. Beaucoup de jeunes gens se voyaient en croisés.

UN ACCUEIL MITIGE
A cette époque, la Grèce représentait beaucoup, c’était le miroir des origines. Pour l’ensemble de l’Occident, c’était le berceau de l’histoire. Tout le monde pensait à l’Odyssée.

Une fois sur place, l’accueil des Grecs fut hostile. La violence des combats contribua également au désenchantement. Il y eut, chez les volontaires, une profonde amertume. Cette aventure tourna par ailleurs au désastre. La mort du poète anglais à Missolonghi, le 19 avril 1824, contribua à éclipser le sacrifice de tous ces volontaires.

Ce travail d’Hervé Mazurel est passionnant. Il rappelle l’importance qu’avait autrefois la Grèce et soulève de nombreuses pistes de réflexion. Cette aventure en Grèce est la préfiguration des Brigades internationales en Espagne.

Cet ouvrage est très complet, il comporte de nombreuses notes et une bibliographie abondante.
L’auteur revient sur la haine européenne « du Turc » qui existe de longue date. Cette guerre contre les Turcs semblait sainte. Cela n’est pas sans rappeler les guerres dans les Balkans contre l’islam.

L’auteur analyse également les difficultés des soldats des guerres napoléoniens pour se réinsérer dans la vie civile. C’est une histoire culturelle du nomadisme guerrier et du mythe de l’engagé volontaire. Il s’agissait en quelque sorte des grands débuts de l’humanitarisme.

Hervé Mazurel, Vertiges de la guerre. Byron, Les Philhellènes et le mirage grec, éditions Les Belles Lettres, octobre 2013, 640 p., 37 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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