Essais
« Eté 44 : l’insurrection des policiers de Paris » de Christian Chevandier

« Eté 44 : l’insurrection des policiers de Paris » de Christian Chevandier

20 août 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Christian Chevandier, professeur d’histoire contemporaine à l’université du Havre publie un ouvrage sur la révolte des policiers parisiens en 1944.

sans-titre (8)LE 19 AOÛT 1944 SOULÈVEMENT DES POLICIERS PARISIENS

Le 19 août 1944, les policiers parisiens en grève s’emparent de la préfecture de police et en soutiennent le siège alors que la capitale est solidement tenue par les allemands.
Débordant les gaullistes et prenant de court les communistes, ils déclenchent ainsi l’insurrection qui s’étendra à toute la ville jusqu’ à l’arrivée des alliés.
Combats sur les barricades, mission d’approvisionnement en armes, protection de la population, arrestations, déminage : c’est en civil et aux côtés des forces françaises de l’intérieur(FFI), que les policiers parisiens déploient leur savoir faire.

PARADOXE

Ces hommes ont été les serviteurs zélés de Vichy et des occupants pendant 4 ans.
Ils ont participé activement et malheureusement aux persécutions antisémites.
Ils ont également réprimé la résistance.

UN PORTRAIT SOCIOLOGIQUE DES POLICIERS RÉSISTANTS
Pour la première fois, grâce à une analyse exhaustive des parcours individuels des 152 policiers morts lors des combats.
L’auteur réalise une véritable étude sociologique, des policiers ralliés à la résistance dans des mouvements comme « honneur de la police » et » patrie ».
Cet ouvrage situé à la confluence de l’anthropologie et de l’histoire nous entraîne dans un récit haletant tout en proposant une analyse riche et nuancée des événements qui ont précipité la libération de Paris.
C’est un ouvrage novateur qui va plus loin que le simple récit des événements d’août 1944.
On évoque ainsi « Paris occupé », « Paris insurgé », »Paris libéré ».
Puis l’auteur se livre à une analyse anthropologique très complète de tout ce qui concerne la libération.
Les travaux historiques qui traitent du rôle des policiers dans l’insurrection sont étudiés avec soin et méticulosité.
La mémoire officielle des événements et des commémorations est passée au crible.
L’attitude de ces policiers résistants contribue à restaurer la légitimité perdue, en raison de la collaboration.
Les agents insurgés ont eu recours à la même palette de possibles éprouvés, reprenant des usages subversifs qu’ils avaient eu pour mission de réprimer (chant de la marseillaise, port ostentatoire de signes patriotiques).
Ils ont ainsi refondé la police et l’état.
Dans le numéro de « combat du 23 août 1944 » en plein soulèvement, Albert Camus écrit un éditorial enthousiaste.
« Qu’est ce qu’une insurrection ? C’est le peuple en armes. Qu’est ce que le peuple ? C’est ce qui dans une nation, ne veut jamais s’agenouiller ».
Bravo !

Eté 44 l’insurrection des policiers de Paris, Christian Chevandier, éditions Vendémiaire, juillet 2014, 477 pages, 24 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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