Essais
Didier Masseau livre « Une histoire du bon goût »

Didier Masseau livre « Une histoire du bon goût »

04 juin 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Professeur des universités, spécialiste du 17 siècle et historien des pratiques culturelles, Didier Masseau publie une histoire du bon goût.

[rating=4]

une histoire du bon goutLE BON GOUT
Des gestes , des attitudes , des intonations ,des expressions sont perçus par les adeptes et les praticiens du » bon goût « comme les marques de la pire » vulgarité », quand bien même le sujet s’efforce en toute sincérité d’être civil , poli et attentif aux autres.
Un rire un peu trop fort, un geste trop brusque classent immédiatement le parleur parmi les réprouvés de la distinction.
Pourquoi le mot « merde » est -il parfaitement admit, alors que le mot « mince » est proscrit dans certains milieux sociaux ?

UNE DISTINCTION NECESSAIRE
Il faut distinguer la notion de civilité et ce » bon goût « ou « bon ton » qui exige davantage.

UNE CITADELLE DE BON TON
Il est des lieux de villégiature qui réunissent au grand complet, tous les signes du bon ton.
Ce sont des citadelles résistantes au brouillage des codes, que les temps modernes ne cessent d’imposer comme Dinard, la Trinité sur Mer en Bretagne sud, Saint Martin du Ré.
La Trinité sur Mer constitueraient en somme, un « anti Saint -Tropez ».
Cette ville s’oppose au snobisme et à la vulgarité, car la tradition change peu, comme cirés, chandails de marin, bermudas, pantalons de couleur rouille, chaussures de bateau.
Il faut lutter contre les »ploucs », ceux dont les shorts sont trop courts, qui parlent trop fort, arborent un gilet de corps ou restent en caleçon de bain sur le chemin côtier quand ils quittent la plage.
L’usage de marque comme Hermès est aussi recommandé, il vaut mieux reprendre un objet qui a vécu et non « un objet trop neuf ».
Pour avoir un effet positif, la signalisation doit être modérée.
Le comble est d’avoir des vêtements trop moulants.
Il faut dissimuler ce qui est au- dessus du genou.
Pour les propriétaires de résidence, la proximité de camping est « synonyme de plouc ».

Le réseau se resserre, et peu de gens peuvent acheter des propriétés à la Trinité sur Mer.
Ce ne sont plus que des PDG.
Le baisemain se pratique encore, et la pratique de régate nautique s’impose.
Tout ceci repose sur une vie saine, et sur un certain habitus (habillement, discours, intonation, pratiques), et certaines écoles comme « Franklin », et Saint – Jean de Passy et « Stan ».

L’idée de bon goût se perpétue au fil des siècles.
Cette enquête très documentée sur l’histoire sociale des mentalités et de la permanence, d’une certaine culture de cour, explique la structure de la société française, pour certain aspects.
L’ennui ne faiblit pas tout au long de cette promenade dans le temps.

Didier Masseau, Une histoire du bon goût, éditions Perrin, avril 2014, 24 euros.
visuel : couverture du livre

Avec un réalisme saisissant et une instantanéité du cliché, Marie-Paule Nègre présente de belles tranches de vies à la MEP
[Live report] Jeanne Cherhal, l’énergie debout au piano, au Bataclan
Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture