Essais

Au cœur de la révolution, les leçons histoire d’un jeu vidéo

Au cœur de la révolution, les leçons histoire d’un jeu vidéo

18 avril 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Jean Clément Martin, professeur émérite de l’université de paris 1, et Laurent Turcot, professeur d’histoire à l’université du Québec au Canada, tire les leçons du jeu vidéo Assassin’s creed, concernant la Révolution française.

LE DERNIER OPUS DE LA SÉRIE ASSASSIN’S UNITY EN NOVEMBRE 2014 A DÉCLENCHÉ UNE POLÉMIQUE
Un Robespierre maladif et sanguinaire, un marquis de Sade travesti, une foule inquiétante et prête à tous les excès, le canevas semblait trop, pour le milieu politique comme le leader du Front de Gauche.
Mais aussi des rues de Paris empuanties par les petits métiers, encombrées de carrosses et de colporteurs en tous genres, mal éclairées, résonnant des cris des vendeurs ambulants.
Le dernier opus d’Ubisoft a engendré beaucoup de bruit, pour certain c’est une victoire de la réaction et pour d’autres c’est ridicule, voir absurde.

L’HISTOIRE COMME TERRAIN DE JEU
S’emparer des grands événements ou des grands personnages de l’histoire comme un terrain de jeu, n’est pas une idée neuve.
Il y a beaucoup de romans, qui se déroulent, à partir de faits historiques, qu’ils déforment à souhait.
Selon l’historienne Sylvie Dallet, les deux tiers des productions cinématographiques sont réalisées, dans un esprit hostile à la révolution.
COMMENT JOUER AVEC L’HISTOIRE
Le dernier d’Ubisoft rompt avec cet univers, car il n’emprunte pas l’iconographie traditionnelle, sauf pour la réinterpréter et la transformer radicalement, par des effets visuels.
C’est ce qui choque.

DU JEU DANS LES ROUAGES DE L’HISTOIRE

Le jeu donne la possibilité de fabriquer l’histoire à notre guise.
Dans les jeux classiques, le joueur peut contrer ce qui s’est effectivement passé, mais il sait ce qui prévaudra, au final.
Dans le nouveau jeu d’Ubisoft, l’histoire n’impose plus un cadre de pensée, et devient le matériau dans lequel, le joueur peut puiser à sa guise.

Tout d’abord un jeu vidéo, ne remplace pas un livre.
Mais c’est un bon médium pour nous aider à entrer en contact directement avec l’histoire.
Chaque média culturel a son langage, et on ne peut juger un jeu vidéo, comme un livre d’histoire.
La vulgarisation, n’est pas une pratique vulgaire.
Sur le fond, il y a toujours des mythes dans l’histoire et des silences, dans les biographies.
Les enseignants doivent tenir de cela, dans leur méthode.
L’intérêt du jeu, c’est de provoquer, et de permettre à certains de réfléchir, c’est déjà beaucoup.

Au cœur de la révolution, les leçons histoire d’un jeu vidéo, Jean Clément Martin, Laurent Turcot, Éditions Vendémiaire, avril 2015,144 PAGES, 14,50 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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