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« Ebola » par David Quammen, la mort invisible…

« Ebola » par David Quammen, la mort invisible…

22 septembre 2015 | PAR Le Barbu

Fin  2013 une épidémie d’Ebola se déclenche en Afrique de l’Ouest, se poursuit en Guinée et en Sierra Leone. Bilan officiel: 11 140 morts. Le virus, pour lequel nous ne disposons encore d’aucun vaccin ni traitement efficace, atteint un taux de mortalité effrayant pouvant atteindre 90 %. La mort survient une à deux semaines après l’apparition des symptômes: diarrhées, saignements, dysfonctionnement du foie et des reins. Auteur d’une synthèse sur les risques de pandémie globale, David Quammen, qui collabore avec le magazine National Geographic, consacre un nouveau livre à ce fléau dont les premières manifestations connues remontent à 1976.

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« Durant le printemps et l’été 2014, des populations consternées ont suivi avec attention, beaucoup de compassion et une grande inquiétude, la réapparition de la fièvre hémorragique virale (FHV) causée par le virus Ebola qui, après avoir atteint trois pays d’Afrique de l’Ouest – la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone – venait de faire, par avion, un saut inattendu vers le Nigeria. S’étant fait discret quelques mois, sans cesser de faire des victimes, le virus reprenait de la vigueur en août, tuant sans pitié, semaine après semaine, les morts se comptant par centaines. Ebola 2014 se révélait désormais le pire millésime de toute l’histoire de ce mal si particulier et si déconcertant, d’une telle dangerosité qu’il concurrençait dans la presse des événements aussi graves que les conflits en Syrie, en Ukraine et dans la bande de Gaza. »

En 1976, le virus mortel fait son apparition dans la forêt du Congo et disparaît aussitôt. Depuis quarante ans, il se manifeste de façon dévastatrice mais, en 2014, quand il atteint l’Afrique de l’Ouest, la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, il tue 90 % de ses victimes. Entre deux épisodes, le virus ne laisse aucune trace. Invisible, il se fond dans la jungle. Mais lorsqu’il passe, par accident, de son réservoir animal à sa première victime humaine, il se reproduit de façon agressive et provoque des ravages effroyables. Cette transmission « zoonose », tout comme celle de la peste ou du SRAS, conduit les scientifiques à analyser des milliers d’échantillons à la recherche du réservoir-hôte et des conditions de transmission. Des milliers d’échantillons d’excréments de cadavres sont analysés à la recherche du réservoir hôte, sans résultats. À ce jour, leur seule certitude est que le virus se déclare lorsque l’écosystème a été bouleversé par l’homme ou la nature…

Loin de tout alarmisme, David Quammen privilégie les pistes scientifiques plus que les pistes médiatiques ou sensationnelles. Il même, dans un style sobre, enquête de terrain et entretiens avec des spécialistes. Il a suivi toutes les recherches sur le terrain, en liaison avec les laboratoires. L’ouvrage se lit comme un thriller. Le style est prenant, le rythme haletant. Sa qualité essentielle réside dans son aspect pédagogique et sérieux. Un très bon ouvrage qui fait froid dans le dos…

« Ebola » par David Quammen, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Simone Arous, 224 pages, paru le 09/09/15 aux éditions Grasset, 17 euros.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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