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Bonnes résolutions 2014 : Offrir de bons livres de cuisine à votre aimé(e)

Bonnes résolutions 2014 : Offrir de bons livres de cuisine à votre aimé(e)

01 janvier 2014 | PAR La Rédaction

Une moisson craquante et croustillante de livres gourmands, à feuilleter compulsivement avant de régaler votre amour. Ou pour rêver à d’imaginaires festins.

° 1000 recettes savoureuses, de Mauricette Clément, Un manuel charmant, qui donne les recettes de base (l’œuf mayo, le crumble aux pommes) sans l’aspect parfois aléatoire et trop allusif de celles trouvées sur le net. Avec des variantes délicieuses pour embellir le quotidien comme une certaine pintade aux figues pas sèche du tout, ce qui relève de la gageure. C’est le livre à offrir à un(e) ami(e) encore novice en cuisine ou à votre petite sœur qui s’installe en colocation. Pour bien commencer car tout, absolument tout, est expliqué, précisé, même ce qui semble une évidence, comme cuire un rôti par exemple. Archipoche, 14.95 euros.

°Chefs des chefs, de Gilles Bragard et Christian Roudaut, c’est la politique vue des cuisines. Pas les cuisines du pouvoir, non, mais les fourneaux des palais gouvernementaux d’Europe et d’Amérique. Il faut savoir que Bragard les connaît bien, ces chefs, puisqu’il dirige l’entreprise vosgienne historique qui fabrique leurs uniformes (mais aussi ceux des hôtesses de l’air et des employés des pompes funèbres !). Il raconte les chefs de la Maison Blanche et les goûteurs d’Etat, véritables brigade anti – poison comme au Moyen Age. Date l’arrivée au piano ( le fourneau des chefs en termes pro) de la première génération des chefs made in USA dans les années quatre-vingt. Mais aussi comment Jamie Oliver, celui qui a révolutionné les cantines scolaires anglaises, a réussi un banquet où les produits de bouche britanniques étaient mis à l’honneur. Légumes du Kent, l’English sparkling wine, pommes de terre royales de Jersey, tout venait de la pas forcément perfide Albion… Plein d’anecdotes amusantes mais aussi de réflexions très censées sur l’heureuse fin de l’identité culinaire nationale. «  La cuisine n’a plus de nationalité aujourd’hui, c’est un métier de générosité et de partage » explique d’ailleurs dans ce livre ce cher Alain Ducasse. Bref, un joyeux parcours politico-gourmet. A partager. Editions du moment, 17.95 euros.
A la bonne franquette, le dico gourmand des expressions savoureuses, de Jean Damien Lesay. Savez-vous que « manger des côtelettes », c’est de l’argot de comédien XIXème qui signifie rencontrer du succès et que la prostitution a donné le jour à plus d’une métaphore culinaire (vous vous en doutiez !). On appelait ainsi « plats du jour » les prostituées arrivées depuis peu dans un boxon. Flaubert, dans sa correspondance, parle, lui, des soupeuses, celles qui se faisaient ensuite payer à dîner… En lisant cet ouvrage érudit vous saurez pourquoi « mordre à toutes les pommes » peut s’avérer risqué. C’est donc un livre pour amoureux du langage et de la table publié aux Editions de la Martinière,19 euros.

Voyage au cœur de la cuisine de rue, ma cantine en ville, est le résultat du concours Mini Maousse lancé par la Cité de l’architecture et du patrimoine et de VIA, à l’intention des étudiants en architecture et en design. Avec comme thème d’imaginer comment la gastronomie peut s’inscrire dans l’espace public. Dessiner des foodtrucks et des roulottes à manger pour les gens des villes, pour qu’ils puissent s’attabler au coin de la rue, se nourrir en toute convivialité dans la densité des villes  voilà le deal. Parfois reportage photo (les triporteurs motorisés qui proposent bonbons ou billes de fruits en Thaïlande, fragile équilibre coloré), parfois conception de prototypes, l’ouvrage très joyeux, est aussi solidement historique. Racontant par exemple la fin du « bol de riz en fer » avec les réformes de Deng Xiaping au milieu des années quatre-vingt et la reprise parallèle de la restauration de rue en Chine. Parfois hilarant aussi, avec « l’auto-grill belge » (à prendre au pied de la lettre, placé évidemment sous le capot d’un moteur d’auto. Editions Alternativ, 25 euros.

La cuisine d’Alexandre Dumas, par Babette de Rosières, photographies de Philippe Asset, rend hommage à ce sympathique géant, métis et truculent. A ne pas confondre avec son fils, auteur lui, de la Dame aux camélias qui fit autrefois frémir dans les chaumières. Notre héros, lui, écrivit le très célèbre Grand dictionnaire de cuisine. C’est sans doute sa mère, fille d’un maître d’hôtel, qui l’introduisit aux plaisirs forts en gueule de la cuisine. Babette de rosières, cuisinière elle-même et auteur de ce livre, explique que Bonaparte n’aimait guère le père de Dumas, un général atypique, métis et républicain ; sa veuve n’eut donc droit qu’à une maigre pension. Dumas qui est un véritable ogre gourmet, à la force herculéenne, en a finalement tiré profit, avec une enfance des plus fantaisistes, très proche de la nature. Un exemple : il monte à Paris en payant les aubergistes avec les lièvres chassés en route….Organisateur de festins où se rendent Hugo et Nerval, il sera en butte au racisme, attisé par son physique antillais. Un certain Mirecourt fera d’ailleurs six mois de prison pour l’avoir traité de sauvage. C’était en 1845. L’ouvrage est passionnant et nourrit l’esprit et le corps avec des recettes du XIXème revisitées, brandade de Montpellier aux écrevisses et barbotes à la royale parfumées à la bigarade (une orange amère). Aux Editions du Chêne, 35 euros
Le répertoire des sauces, d’Eric Trochon et Brian Lemercier, est à offrir à tous vos amis qui se piquent de cuisine. Vous passerez ainsi pour fin connaisseur du sujet. C’est un petit ouvrage très bien tourné par des spécialistes, enseignants notamment à la célèbre école Ferrandi, une des trois grandes écoles de cuisine françaises. Vos amis sauront désormais distinguer sauce Béchamel et sauce Mornay et apprendront à faire le sabayon, réputé redonner aux hommes une virilité si elle s’est malheureusement un moment effacée. Bref c’est le parfait vademecum du cuisinier distingué. On y trouve des perles contemporaines, comme l’espuma aux petits pois, faite au siphon, des sauces exotiques intéressantes comme la sauce au pain anglaise, peu connue de ce côté-ci de la Manche, ou des curiosités comme la sauce Monaco, à base de noix pilées et d’anchois. Comment résister et ne pas plonger un doigt dans la casserole ?! Flammarion, 15.50 euros

La recette de Claude : compote de poires au gingembre
La recette de Claude : tarte aux oignons et pruneaux
La Rédaction

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