Livres

Bien le silence partout, émouvant, tout simplement

26 décembre 2010 | PAR Sonia Dechamps

Certains connaissent peut-être Diastème pour ses pièces de théâtre – comme « La nuit du thermomètre », « L’amour de l’art » – ou bien pour son premier film – « Le bruit des gens autour » réalisé en 2007 -, et parce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, c’est de son roman « Bien le silence partout » sorti il y a presque un an dont il est question aujourd’hui sur toutelaculture.com.

L’histoire, c’est celle d’un auteur, Eric. « Je suis écrivain. J’écris des livres. Mais comme le monde entier s’en fout, des livres, j’écris des films, aussi, et puis des pièces. » Le narrateur d’ajouter : « Les gens, du coup, se rendent moins compte que j’écris la même chose. »
Il est beaucoup question du métier d’auteur dans « Bien le silence partout » mais il est au moins autant question d’amour.
Le narrateur vit un chagrin d’amour. Lise l’a quitté ; Lise est comédienne, « multicarte en brillance, même si nulle pour la vie à deux. Elle a fait des études littéraires avant de faire de la comédie, elle ne fait jamais de fautes à rien. Quelqu’un lui donne un Marivaux et elle chipote sur la syntaxe, demande au metteur si elle peut reformuler. Le metteur dit non, mais ça va pas ! Et elle se fâche, quitte le projet. Quand vous lui donnez un de vos textes, vous avez peur, mais rien ne vous excite autant. Parce que c’est la femme de votre vie, parce que c’est elle qui va jouer, parce que vous voulez l’épater, l’époustoufler, l’époumoner, l’épouvanter, et l’épouser, oui, l’épouser. Mais ça vous ne lui dîtes pas. »

Eric se confie à travers ce texte. Il parle de ses problèmes avec l’alcool, de son frère qui a fait une tentative de suicide, de son père qu’il sent commencer à perdre la tête… Il parle aussi de l’inspiration, du jeu, de la passion – qui peut parfois être destructrice -, de l’absence de frontière, pour lui, entre vie privée et vie professionnelle…
Des sujets somme toute assez banals, pas bien originaux… Et pourtant ! Ce n’est pas tant pour ce qu’il écrit que pour la façon dont il l’écrit que l’on admire – et le mot est pesé – Diastème. Comme si, quelque soit le sujet abordé, l’auteur parviendrait à en faire une petite merveille du simple fait d’y prêter sa plume.
Diastème ne se contente pas d’écrire, de décrire, il fait « ressentir » au lecteur, et de ce point de vue, « Bien le silence partout » est « brûlant ».

Par le biais d’Eric, son personnage, Diastème interroge : « Pourquoi faire ces métiers, sinon pour toucher, une seconde, une minute, un seul moment de pureté, un seul vrai instant de grâce, pour créer de la beauté. » Et c’est ce qu’il fait. Remarquablement.

 

Diastème, Bien le silence partout, Flammarion, 18 euros. Sortie le 13 janvier 2010.

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Sonia Dechamps

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