Beaux-Livres

Les mondes de Louboutin sous la plume d’Eric Reinhardt

Les mondes de Louboutin sous la plume d’Eric Reinhardt

07 avril 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Aux éditions Rizzoli et en contrepoint de l’exposition Louboutin, qui est en suspens au Palais de la Porte Dorée, sort un livre d’art consacré à l’esthète. 

Rouge. Évidemment. La couverture est rouge, rouge Louboutin même, au même titre qu’il y a un bleu Klein. L’ouvrage affirme que l’artisan est avant tout un artiste. 

« Toute chose est précédée d’un dessin » écrit en ouverture le romancier, qui avait déjà participé à un livre sur Louboutin en 2011 chez le même éditeur. Le créateur possède 162 boutiques et 1800 personnes travaillent pour « Louboutin », ce nom devenu marque et qui n’est pas un pseudonyme. Le livre dresse un portrait de celui qui a créé, un peu malgré lui, un empire, à travers les artistes qu’il aime. Après la belle mise en bouche de Reinhardt, nous trouvons des textes qui sont comme des témoignages. Comme si Louboutin se promenait dans son cerveau-musée pour nous faire une visite guidée. 

Et il nous livre pas mal de secrets. On découvre des amitiés immenses, et éternelles, comme avec Pierre et Gilles, depuis l’adolescence, un vrai culte de la nuit parisienne et de sa faune. Louboutin est amoureux des artistes et de leurs œuvres. Dans son panthéon, on croise autant de gens que de choses, autant de totems que de tabous. Le fétichisme et les plumes côtoient des mondes qui normalement ne se rencontrent pas, comme les porcelaines Wedgwood. 

Et puis, nous trouvons des dessins, de Louboutin bien sûr, qui dit : « et c’est donc une chose fondamentale dans mon travail, de retrouver le dessin originel dans le soulier fini ». Et les photos du jeune Jean-Vincent Simonet, 29 ans, sur papier glacé, des images, en mouvement souvent, qui montrent les souliers dans leur frénésie nocturne, assurément et de façon assumée, totalement ostentatoire. Comme toujours chez le photographe, il y a un côté psychédélique. Dans un portrait qui lui est consacré dans la revue Pen, il dit « diluer à nouveau l’encre et faire ressortir certaines couleurs ». Cela se retrouve ici, avec comme modèles… des chaussures.

Vous l’aurez compris, Christian Louboutin, exhibition[niste] n’est ni un recueil de témoignages, ni un livre d’art. C’est l’exact entre-deux, et c’est un catalogue d’exposition très hors norme que nous regardons. Et il est tout à fait à l’image de l’homme qui aime tant regarder et avaler la beauté qui l’entoure.

Christian Louboutin : L’Exhibition[niste], Rizzoli Flammarion, à commander ici.

Visuel : ©ABN

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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