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« Les dernières ethnies avant qu’elles ne disparaissent » de Jimmy Nelson : une ode aux multiples tribus qui peuplent le monde

« Les dernières ethnies avant qu’elles ne disparaissent » de Jimmy Nelson : une ode aux multiples tribus qui peuplent le monde

28 novembre 2013 | PAR Kylhian Hildebert

Jimmy Nelson voyage depuis sa plus tendre enfance. Grâce à un père travaillant dans l’industrie pétrolière, il avait, à 17 ans, parcouru sans doute plus de pays que quiconque dans toute une vie. Fasciné par la pluralité des cultures qui jalonnent le monde, il livre depuis plusieurs années des clichés fascinants et pleins d’émotion…

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Vibrant hommage aux cultures tribales, le livre des éditions teNeues montre des peuples d’Afrique et d’Asie, d’Océanie et d’Amérique du Nord et du Sud qui ont en commun leur mode de vie en totale adéquation avec la nature, respectée, voire vénérée. Distinction frappante avec les cultures occidentales qui, fortes d’une pensée et d’un héritage judéo-chrétiens, asservissent la nature, les cultures tribales vivent en harmonie avec elle, dans l’étroit espace que les montagnes, les fleuves et autres dunes désertiques leur ont cédé.

Les photos de Jimmy Nelson sont accompagnées d’une rapide présentation de chaque tribu pour mieux saisir leur mode de vie, leurs spécificités (origines, traditions, croyances…) ; et quant à leur composition, quant à l’émotion qui se dégage de chacune, elles forcent le respect. Photographiés avec une chambre, ses portraits, montrant chaque individu qui fixe l’objectif, ne sont pas sans rappeler le célèbre Steve McCurry, qui partage avec lui cette recherche de vérité universelle dans le regard de chacun de ses modèles.

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Les dernières ethnies avant qu’elles ne disparaissent, Jimmy Nelson, éditions teNeues, 37,6 x 30,4 x 5,4cm, 128€

Visuels : © Before They Pass Away by Jimmy Nelson, Himba, Namibia, published by teNeues / Before They Pass Away by Jimmy Nelson, Maori, New Zealand, published by teNeues

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Kylhian Hildebert

One thought on “« Les dernières ethnies avant qu’elles ne disparaissent » de Jimmy Nelson : une ode aux multiples tribus qui peuplent le monde”

Commentaire(s)

  • Rita Ecutelli

    Nul ne peut remettre en question la beauté des photos réalisées par M. Nelson, il est avant tout un photographe de mode, domaine où il excelle. Cependant, il est regrettable qu’il considère cet ouvrage comme une contribution ethnologique, car sa démarche intellectuelle est plus que fragile. Il n’y a rien d’ethnologique à prendre des tribus, leur donner leurs soi-disant costumes traditionnels (souvent retouchés par le photographe), les mettre en scène pour rendre les clichés inoubliables. Malheureusement, ces clichés relèvent plus de la création artistique que du témoignage.
    Au delà de la vérité tronquée, contenue dans les images, c’est toute la vision de ces peuples qui est modelée, notamment au travers de ses commentaires. Il y apporte des éléments véridiques, et il est aussi vrai qu’il fait connaître ces peuples à un plus vaste public, mais c’est au prix de nombreux stéréotypes du type « sauvage mangeur d’homme » pour les indigènes de Papouasie ». Il les accumule et oublie au passage de parler de leur situation actuelle. Le vol illégal de leurs terres pour des objectifs capitaliste, comme la destruction de la forêt amazonienne pour les puissants groupes agro-alimentaires, l’inondation de régions entières pour un barrage bâti grâce à la corruption de l’Etat en Ethiopie, etc. Il cache les problèmes relevant de la politique qui ont un impact direct sur ces tribus, comme au Tibet où la Chine contrôle par une main de fer les moines, où encore en Indonésie où l’armée massacre ces peuples.
    Enfin le titre. Ces tribus disparaissent, et on ne peut rien faire pour en stopper la dynamique destructrice. Il y a un tel déterminisme, comme si c’était un quelconque destin qui les vouait à la disparition. Là encore, ou il tente d’amadouer ses lecteurs, susciter de l’émotion devant une telle tragédie, ou il fait preuve d’une réelle naïveté quant aux raisons de cette disparition. Ce qui me gêne c’est qu’il offre sa vision des choses, en occultant une grande partie de la réalité de leurs conditions de vie et du pourquoi de leur déclin.

    Il est regrettable que votre site, promoteur de culture, se contente de faire une promotion commerciale d’un ouvrage (hors de prix) sans en apporter un point de vue plus critique. Il serait bon de citer l’article de M. Corry (Survival) qui, lui, a voué sa vie à ces tribus, et explicite les limites de l’ouvrage autrement mieux que je ne l’ai fait.

    août 5, 2014 at 13 h 55 min

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