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Les survivants de la révolte finale de l’apocalypse, l’action made in Hollywood (ou presque)

Les survivants de la révolte finale de l’apocalypse, l’action made in Hollywood (ou presque)

16 juin 2018 | PAR Laetitia Larralde

Avec sa bande dessinée au titre sans fin, Allan Barte nous emmène dans un film post-apocalyptique peuplé de guêpes géantes mutantes, de prisonniers en slip et de numéros de cirque.

Paris, 2057. Le monde est dominé par une dictature molle et bienveillante, où l’uniformisation terne est la norme. Un groupe de rebelles jeunes et colorés décide de renverser le régime et prend d’assaut le palais présidentiel, armés d’une banane, d’un arrosoir, d’une bouteille et d’un balai. Mais l’un d’eux trébuche et tue le président, et tous les dispositifs visant à prévenir et se protéger des catastrophes naturelles dues au dérèglement climatique sont supprimés. Quinze ans plus tard, la planète est un immense désert à la Mad Max, dominée par une armée de clowns. Quand apparaît un homme, maître de l’art ancestral de la bagarre, qui aidera à réaliser la prophétie de la sorbetière de glaces à l’italienne.
Allan Barte crée dans cet album loufoque un univers absurde et faussement enfantin en associant parodies et archétypes des films d’action dans un joyeux chaos. Il reprend les poncifs du genre et retranscrit le tout à l’envers : les méchants sont des clowns qui harcèlent à la fleur qui lance de l’eau, le vieux sage est un marionnettiste en toc, la peinture de la prophétie n’est pas sèche… Le tout ressemble à une histoire racontée par des enfants (ou par un scénariste hollywoodien peu regardant sur la cohérence du récit). Les références et citations sont nombreuses. On pense notamment à Mad Max, Star Wars, Inspecteur Gadget, Jayce et les conquérants de la lumière, Hunger games, Peut-être… les situations types sont aussi présentes et dézinguées, comme le road trip des deux héros, le moment romantique sous les étoiles ou le combat – de catch – final, et tout est court-circuité sans aucun scrupule. La fin elle-même n’a pas de morale, juste un cliffhanger aussi absurde que le reste de l’album.
Le dessin semble lui aussi être une parodie de la ligne claire. Les décors sont simplifiés à l’extrême et les personnages ont des têtes trop grosses pour avoir un cou, mais le tout fonctionne, rappelant les dessins d’enfants toujours riches d’histoires abracadabrantes et de couleurs vives.

Après son Petit illustré des gros clichés d’Hollywood, Allan Barte poursuit son déboulonnage de la machine hollywoodienne dans un album qui en plus d’être divertissant nous fait replonger dans nos souvenirs d’enfance et de spectacles créés par la fratrie et leurs peluches. Une madeleine de Proust, si celle-ci avait été mangée avec du chocolat au lait en regardant le Club Dorothée.

Les survivants de la révolte finale de l’apocalypse : l’ultime prophétie de la sorbetière perdue – Allan Barte
Paru le 16 mai 2018
Editions Delcourt

La playlist à l’appel (du 18 juin)
Portrait  : Jules Beckman, performeur chamanique post-moderne
Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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