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Basquiat, un portrait entre passion et révolte

Basquiat, un portrait entre passion et révolte

08 mai 2020 | PAR Laetitia Larralde

Août 1988. Alors qu’il plonge dans son ultime trip, Jean-Michel Basquiat reçoit la visite de son alter-ego pictural, qui l’emmène dans une rétrospective de sa vie. De son enfance à sa mort à 27 ans, ce double-démon s’adresse directement à Basquiat pour un récit hallucinatoire au cœur de l’artiste.

Si vous cherchez une biographie précise où dates et personnages sont clairement identifiés, vous allez être déçus. Ici, les auteurs Julian Voloj et Søren Mosdal ont pris le parti de nous offrir une biographie immersive. On lit la vie de Basquiat comme lui a dû la vivre : fragmentée, hantée, peuplée de figures de passage. Jalonné de quelques repères biographiques forts, le récit prend le parti de nous présenter l’homme par ses sensations. Altéré par toutes sortes de substances, le ressenti de Basquiat semble détaché du réel et des contingences matérielles, une sorte de tourbillon qui ne laisse apercevoir que des fragments de sa vie.

Les dates, hormis celle, précise, de sa mort, sont globalement omises. Il en va de même pour les personnages célèbres que l’on croise souvent au fil des cases. Parfois un prénom pour les plus chanceux, mais qui ils sont n’a d’importance que celle que leur accorde l’artiste. De courtes biographies en fin d’ouvrage montrent que Basquiat était au cœur de la scène artistique de son époque, tout en mettant en exergue à quel point rien n’existait pour lui hors de son art.

De cet album ressort une énergie forte. À peine a-t-on le temps de reprendre son souffle qu’une nouvelle tornade emporte Basquiat et ses démons d’un excès à l’autre. Comme un esprit vaudou, son double de peinture sait tout et prend note de chaque soubresaut de cette course révoltée et auto-destructrice.
Soutenu par un dessin au trait fort et sans hésitations, aux couleurs franches et aux modelés quasi inexistants soulignant le peu de nuances de la vie poussée dans les extrêmes de l’artiste, l’histoire nous emporte au cœur de la rage créatrice qui bouillonnait jusque sur ses toiles.

Plus qu’une biographie, le Basquiat de Julian Voloj et Søren Mosdal est un hommage au peintre, enfant du New York des années 1970-80, et à sa pulsion créatrice qui transcende les générations.

Basquiat, de Julian Voloj et Søren Mosdal
Editions Soleil

visuel : couverture

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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