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Angoulême, carrefour de la BD

Angoulême, carrefour de la BD

31 janvier 2020 | PAR Gilles Charlassier

Pour sa quarante-septième édition, le Festival de la Bande Dessinée à Angoulême propose, au-delà des rencontres avec les auteurs et son palmarès, un parcours renouvelé dans son musée consacré au neuvième art.

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Carrefour de la Bande dessinée, Angoulême célèbre chaque année le neuvième art pendant le dernier week-end de janvier. Au-delà des rencontres et du palmarès du festival, c’est aussi l’occasion pour le Musée de la BD de renouveler son accrochage. Doté d’un large fonds de planches et de documents, l’exposition invite le visiteur à un parcours au fil de l’histoire de la bande dessinée, depuis le dix-neuvième siècle, jusqu’à nos jours. Si les premières vignettes oscillent souvent entre humour et édification morale, les planches élaborent progressivement une forme singulière de narration, avec une diversifications des registres et quelques personnages emblématiques dans la première moitié du vingtième siècle, à l’exemple de Tintin, Mickey ou Spirou par exemple. Loin de se restreindre à un public juvénile, la bande dessinée s’adressera aussi au fil des décennies à auditoire plus spécifiquement adulte, où, aux côtés des aventures exotiques ou de science-fiction se développeront les satires politiques, très en vogue dans les années soixante et soixante-dix – citons entre autres Fluide glacial. Si petits et grands peuvent prolonger leur exploration de l’univers de la BD avec des écrans interactifs, ce sont aussi des volumes que les lecteurs peuvent compulser dans les petites alcôves disséminés tout au long du parcours.

Un éclairage plus conséquent est consacré à Calvo, et son univers peuplé d’animaux aux sentiments anthropomorphes, dans une veine avec laquelle il se montre digne successeur de La Fontaine. D’autres mini-expositions proposent des immersions dans des imaginaires variés, à l’instar des voyages en Egypte en en Nubie de Giambattista Belzoni, archéologue aventurier à l’ère napoléonienne. Au travers du parcours de Lewis Trondheim, c’est enfin une rétrospective d’un artiste qui, sans avoir la virtuosité innée du crayon, a façonné au fil de sa carrière un langage singulier, avec en particulier le personnage de Lapinot, qui n’oublie pas des interrogations engagées face à la transformation de notre monde. Avec en arrière-fond la précarité des auteurs, sur laquelle Macron n’a pu manqué d’être interpellé lors de sa visite du festival, la bande dessinée se montre, plus que jamais à Angoulême, en prise avec l’actualité.

Gilles Charlassier

Festival de la Bande dessinée, Angoulême, janvier-février 2020

©Lewis Trondheim

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