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23es Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, un festival qui déborde des cases

23es Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, un festival qui déborde des cases

05 juin 2018 | PAR Laetitia Larralde

La cité picarde se met aux couleurs du neuvième art pour un festival et des expositions inventives et variées tout le mois de juin.

Encore à l’abandon fin janvier, La halle Freyssinet, ancien entrepôt de la Sernam de 7500 m² dont le futur est actuellement en discussion, accueille les 23èmes Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens dans son enveloppe de béton brut. Après avoir occupé les salles du pôle universitaire, le festival peut ici regrouper tous ses événements et prendre de l’ampleur, une nouvelle respiration, tout en continuant à essaimer dans toute la ville. Dès l’entrée, le visiteur est accueilli par une projection en direct en 4x6m d’un auteur en train de dessiner, soulignant ainsi l’intention de «On a marché sur la bulle», l’association derrière ce rendez-vous : explorer les différentes possibilités de rencontre entre l’auteur et le public, et entre le public et la lecture. Avec une orientation marquée vers la jeunesse, le festival propose des expositions, des dédicaces et des espaces interactifs, dans une scénographie imaginée par l’agence Lucie Lom, cofondée par le dessinateur et scénariste Marc-Antoine Mathieu. De grandes vagues blanches, à la fois supports et séparations, viennent rythmer l’espace tout en contrastant avec la structure géométrique de béton gris.

Inaugurées les 2 et 3 juin lors du week-end du festival qui a regroupé quatre-vingts auteurs, les expositions de la Halle Freyssinet seront accessibles jusqu’à fin juin. Créateur de l’affiche de cette édition, Zep est mis à l’honneur avec une exposition retraçant son travail, de Titeuf à The End, avec des grandes thématiques telles que la musique, le sexe, son blog ou ses albums réalistes. On y découvre également quelques-uns de ses croquis de recherche à l’encre et à l’aquarelle d’une délicatesse qui nous montre l’étendue de sa maîtrise du dessin.

Boîtes à lire mobiles

Cette année marque également les vingt ans de son magazine Tchô !, que l’on retrouve dans une exposition au travers de ses héros tels que Titeuf, Raghnarok, Malika Secouss ou encore Mamette. On découvre un peu plus loin les planches originales d’Antonio Lapone de son album réalisé avec Jean-Philippe Peyraud, La fleur dans l’atelier de Mondrian. La dizaine de planches très grand format sont époustouflantes et s’intègrent dans une scénographie graphique reprenant les codes de l’univers de Mondrian. Chaque exposition a été travaillée pour retranscrire l’univers des albums présentés, comme la grotte, la jungle et le paysage de neige pour la BD d’heroic fantasy Bjorn le morphir, l’ambiance vacances d’été chez Zidrou, ou encore la plage de l’expo pirate.

En plus des expositions, le festival propose des « boîtes à lire », structures mobiles permettant de s’asseoir pour lire, des espaces interactifs avec des jeux de société, ou des lectures et du théâtre pour les tout-petits.

Mais le travail de l’association ne se limite pas à ce mois d’expositions. Toute l’année elle travaille avec des collèges et lycées de la région, au travers de l’organisation de prix de bande dessinée et d’un concours régional, cette année sur le thème des savants fous. L’enseignement supérieur est inclus lui aussi, avec une exposition de travaux d’étudiants en DU création de bande dessinée ou la présentation numérique de Waide Somme, école d’animation.
Si l’accès à la lecture de tous les publics est le cœur du projet, « On a marché sur la bulle » n’oublie pas les auteurs, au cœur des débats de la journée professionnelle sur les thèmes de leur rémunération pendant les festivals et de comment monter avec eux un projet culturel.
Et si vous en voulez encore, plusieurs expositions hors les murs occupent les institutions culturelles de la ville, comme Dessiner la paix au CIAP, ou Universal war à la bibliothèque Louis Aragon. De quoi donner envie de lire.

23es Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, expositions jusqu’au 30 juin. Infos complémentaires : bd.amiens.com

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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