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A cause d’un baiser, Brigitte Kernel : 366 pulsations

01 février 2012 | PAR La Rédaction

« Elle était si parfaite, comment avais-je pu aimer soudain une autre personne ? Comment cela avait-il été possible? Que deux coups de téléphone, un déjeuner, un baiser, un seul baiser et quelques caresses remettent à ce point ma vie, notre vie en question? »

La narratrice est à ce point crucial de sa vie où tout peut basculer, fragile funambule en équilibre sur le fil de l’amour. Un baiser, un seul baiser a suffi à déclencher un cataclysme en elle, à risquer de faire exploser le couple si fusionnel qu’elle forme avec Léa depuis trois ans. Un baiser qu’elle a préféré avouer à Léa. Par souci de transparence, d’honnêteté. A moins qu’inconsciemment elle ne se délestât d’un poids trop lourd : celui de la culpabilité écrasante d’avoir cédé à cette pulsion, d’avoir trompé celle qu’elle aime tant. Ou qu’elle aimait tant ? Présent, imparfait, elle ne sait plus à quel temps conjuguer leur amour. Car ce baiser constitue sans aucun doute à ces yeux une trahison, une tromperie. Elle qui vit dans la peur permanente de blesser sa compagne, fragile petit oiseau blessé, va pourtant susciter une douleur térébrante en elle par cet aveu.
Aurait-elle mieux fait de se taire ? Faut-il tout dire à l’être aimé? Et si seulement elle avait fui les lèvres de Marie ? Mais doit-on résister aux tourbillons du désir et s’empêcher de vivre d’aussi divins vertiges ?

Elle ne sait pas, ne sait plus. Son coeur est comme une boussole affolée qui ignore quelle direction prendre, quelle femme aimer. Sa raison lui dicte de rester avec Léa, si douce, si fragile. Léa qui avant elle, a aimé et perdu l’amour de sa vie, Louise, grand reporter, dans un accident tragique. Léa pour laquelle le spectre de Louise est encore si présent. Léa, à fleur de peau, à vif.

Mais son coeur lui susurre tantôt le prénom de Léa, tantôt celui de Marie, dans une valse incessante. Une valse à trois temps où Brigitte Kernel analyse au scalpel de sa plume la relation amoureuse, avec une justesse chirurgicale : la déchirure, la déconstruction et la reconstruction. Un tempo rapide, soutenu, à l’image d’un coeur battant, celui d’une femme qui aime, qui tremble, qui souffre, qui espère, qui pleure, qui doute.

A cause d’un baiser n’est pas un roman de 366 pages que l’on tient entre ses mains, mais un coeur avec 366 pulsations cardiaques… Un coeur battant. Magnifique !

P. 68 : Combien de temps une scène, une photographie, une situation, un objet ou une couleur renvoient-ils à la blessure infligée par une séparation? Que l’on soit quitté ou que l’on ait quitté, car il est vrai que certaines ruptures sont si difficiles à vivre qu’elles dépassent la souffrance engendrée par le deuil d’un parent ou d’un ami.

Karine Flejo

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La Rédaction

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