Tall Man – Surnatural Orchestra

12 octobre 2018 | PAR Conort-Laetitia

Depuis dix-huit ans, le collectif d’aujourd’hui dix-huit musiciens (et ses nombreux acolytes!) défriche une zone de liberté musicale, entre musiques à danser et pièces expérimentales. Assoiffés d’invention, ils remodèlent également la forme du concert. Après le ciné-concert, le bal, le spectacle de cirque (souvenez-vous de La Toile avec le cirque Inextrémiste !), ils se frottent pour la première fois au théâtre musical et osent la mise en scène collective.

« Face à l’hydre capitaliste, n’est-il pas grand temps de se demander : l’Homme peut-il encore changer ? Est-il encore capable de se transformer, sommes-nous encore en chemin lorsque confort, abondance, divertissement, sécurité, contrôle, gestion… nous immobilisent physiquement et mentalement, musicalement. Pour ne pas mourir étouffé de tant de tiédeur, un seul moyen : le dépasser. Individuellement. Collectivement. Tall Man questionne l’avant et l’après, le chemin à parcourir, la transformation sans cesse à renouveler. Il y sera question de nos codes, habitudes de public et de musicien, de salles et de scènes, de tenue et de lâché prise. D’aller ensemble vers le jeu, la danse, la transe, l’abandon, la confiance, le cri. Tenter de montrer qu’il n’y a pas d’autre issue que la joie. »

Tout se raconte par la musique. Elle a des accents de jazz contemporain, de world et de fanfare, s’inspire de sonorités d’Afrique de l’Ouest et se teinte d’improvisations baroques. Chantés, dits ou scandés, les mots émergent de cette architecture sonore et tentent avec elle la connivence, fouillant avec énergie le propos, soutenu par l’univers visuel exubérant de la plasticienne Elizabeth Saint-Jalmes. Une échappée poétique en Utopie.

Voilà presque deux décennies que cette bande de musiciens, implantée en Île-de-France et où prédominent les vents, évolue, sans chef, aux confins du free jazz, de la fanfare et des musiques populaires. En sus du travail musical basé sur un répertoire de concert, l’orchestre a aussi créé plusieurs ciné-spectacles, et collabore depuis 2009 avec des compagnies de cirque. En 2016, il crée le spectacle Esquif avec le Cirque Inextrémiste et la cie Basinga, dont la BO sort en mars 2018. Le dernier album du groupe, Ronde, est sorti en 2016.

Journal de bord – Alessandro Bosetti
diffusion du film « la danse des sauvages »
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