Le jeu de l’amour et du hasard

Le jeu de l’amour et du hasard

14 octobre 2015 | PAR le_theatre_de_la_renaissance

Sylvia : « C’est que je suis bien lasse de mon personnage ; et je me serais déjà démasquée si je n’avais pas craint de fâcher mon père » acte II, scène 11… Quand le travestissement mène subtilement à la vérité des cœurs.
Le Jeu de l’amour et du hasard est une comédie en trois actes et en prose de Pierre Carlet de Marivaux, représentée pour la première fois le 23 janvier 1730. Dans cette comédie aux dialogues étincelants sur les relations amoureuses, Marivaux, tout en respectant les codes de bienséance de son temps, questionne l’ordre établi et les préjugés sociaux en inversant les rapports maîtres-valets.

Promise à Dorante, Silvia, peu disposée à se marier, obtient de son brave homme de père l’autorisation d’observer, sous le déguisement de sa suivante, Lisette, le jeune homme à qui sa famille la destine, ignorant que ce dernier a eu la même idée. Le double jeu de masques engendre complications et quiproquos hilarants. Face à ce jeu de hasard où les troubles bousculent les convenances, les protagonistes répondent en faussant la donne et jouent la comédie jusqu’à se perdre.

Laurent Laffargue, comédien, metteur en scène de théâtre et d’opéra, a choisi de monter cette pièce à l’apparente légèreté, pour proposer une critique subtile des inégalités sociales. Car on ne change pas de langage comme d’équipage. L’habitus qui sait parer le verbe d’atours élégants séduit mieux que les jolis rubans, la naissance sait se reconnaître dans les belles manières qui servent de valeurs. Pour autant, craignant la mésalliance, Dorante comme Silvia résistent à leurs sentiments, alors que leurs gens, tout au contraire, espèrent en leur idylle pour se hisser d’un rang.

Halla San
Le sentiment d’une montage
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