Cinema

KVIFF, Palmarès : les bulgares Kristina Grozeva et Petar Valchanov Globe de Cristal  pour The Father

KVIFF, Palmarès : les bulgares Kristina Grozeva et Petar Valchanov Globe de Cristal pour The Father

06 juillet 2019 | PAR Yaël Hirsch

Notre deuxième jour à Karlovy Vary était aussi le dernier du 54e Festival International du Film (KVIFF). Une journée marquée par la fête nationale commémorant la mort du réformateur Jan Hus, du cinéma très indépendant et une cérémonie de clôture ultra-élégante.

Du Chili à la Turquie en passant par la Chine

Réveil matinal et découverte d’un nouveau quartier ce samedi matin du 6 juillet, avec un film chilien en compétition au très indie et baroque café-cinema-galerie Kino Drahomira. Premier film psychologique et contemplatif à la frontière des andes, El ombre del futuro de Felipe Rios nous fait entrer dans l’intimité d’un père routier, Michelsen, et de sa fille Elena, qu’il ne connaît pas. Au moment où Elena part pour le Sud se battre dans un match de boxe, leurs routes peuvent enfin se croiser. Acteurs puissants avec des visages forts et paysages impressionnants sont les atouts d’un film qui assume son rythme lent, voire lancinant, mais qui achoppe un peu sur ses dialogues trop explicites.

Le temps de boire un excellent espresso et de voir le soleil dans la cour cachée du Kino Drahomira et nous avons pu enchaîner avec un film chinois : Mosaic Portrait, de Zhai Yixiang. Sixième génération de sa famille à faire des films, le réalisateur propose un véritable drame social avec cette histoire de jeune femme de 14 ans qui tombe enceinte et accuse son professeur. Honneur, surveillance et délation, tout se mêle, tandis que le véritable enquêteur est un journaliste sensible. Un film très marqué « auteur » mais qui ne parvient pas tout à fait à nous agripper malgré un vrai talent de réalisation.

Petite course jusqu’à l’hôtel thermal où se donnait la projection presse de l’excellent film turc, Görülmü?tür, de Serhat Karaslaan. Se faisant l’écho de l’état de la censure du point de vue d’un gardien de prison chargé de surveiller le courrier des détenus, cette fiction file la métaphore de la censure et l’étend à celle que le personnage principal ne s’impose plus à lui-même. Une œuvre originale intense et bien menée.

Thermalisme

Nous avons profité de l’après-midi pour tout de même enquêter sur l’activité première du lieu : le thermalisme. Si vous rêviez de vous plonger dans l’eau bénéfique et chaude et poisseuse qui surgit à Karlovy Vary, oubliez! Les divers complexes dans les hôtels ou au dehors proposent des soins médicaux dans des salles qui font plus penser à des dispensaires qu’à des spas de luxe. Pour moins de quinze euros nous avons tout de même passé une belle heure à Elizabeth Bad où une belle piscine intérieure de 25 m et un sauna dans chaque vestiaire nous a permis de reprendre un peu d’énergie et de brûler l’excès de saucisses et d’excellent vin rosé local.

Cérémonie de clôture et Palmarès

A 18:00, c’est très apprêtés que nous foulions le tapis rouge pour une très élégante cérémonie de clôture « black tie ». Elle a débuté par un époustouflant numéro de trapézistes jouant avec le graphisme de l’affiche du festival. En grande bonne humeur, hommage a été rendu aux sponsors, aux organisateurs et au cinéma tchèque.

Après une remise de prix émouvante au chef opérateur tchèque Vladimír Smutný, c’est le film sur l’artiste tchèque Jiri Suchý d’Olga Sommerová qui a reçu le prix du public. Le prix du documentaire est allé au film estonien Surematu de Ksenia Okhapkina tandis qu’une mention spéciale a été donnée au film chinois Confucian dream de Mijie Lee. Le Grand prix « east of the west » a été remis à Byk de Boris Akopov que nous avons beaucoup apprécié hier (lire notre article d’hier) qui a remercié ses acteurs et le prix spécial de cette section au film ukrainien My thoughts are silent d’Antonio Lukich.

Le jury formé de Sergei Loznitsa, Stepan Hulik, Annemarie Jacir et Charles Tesson, a remis une mention spéciale à deux films : La virgen de agosto de Jonás Trueba et El ombre del Futuro et c’est la ravissante actrice principale qui est venue récupérer la statuette. Le prix de la meilleure actrice est allé à Corinna Harfouch pour sa performance dans Lara de Jan Ole-Gerster, qui a aussi reçu une mention spéciale. Et celui du meilleur acteur à Milan Ondrík pour son rôle dans Let there be light de Marko Škop. Tim Mielants a été sacré meilleur réalisateur pour Patrick, son film sur un camp de naturistes. En bleu pétillant, Patricia Clarkson est venue recevoir son Globe de Crystal « pour sa contribution exceptionnelle au cinéma mondial ». Enfin, doté de 25 000 dollars, le Grand Prix est allé au duo bulgare Kristina Grozeva et Petar Valchanov pour leur film The Father.

La soirée s’est terminée par un cocktail rétro et somptueux à l’hôtel Pupp et par une séance minuit de Rambo l’originel : First Blood.

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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