Cinema

White Material

01 février 2010 | PAR Coline Crance

White Material de Claire Denis par la réalisatrice de 35 Ruhms, Chocolat a été présenté en avant première au Forum des Images dans le cadre du festival « Un état du monde…et du cinéma », sort le 24 mars 2010 sur les écrans.

Claire Denis avoue avoir tourné son film pour Isabelle Huppert en s’inspirant du livre de Doris Lessing , Vaincue par la brousse. Refusant le film d’époque, elle préfère transposer l’intrigue de ce livre dans une plantation de café située au cœur d’une région d’Afrique en proie à la guerre civile. La plantation de café, sorte d’îlot isolé dirigé par Isabelle Huppert qui refuse de voir le danger mortel de ce conflit, devient bientôt l’allégorie même de cette guerre civile qui déchire la population noire de la région en devenant une guerre au sein de cette famille d’anciens colons. Clamant tout le long du film à ses employés que tant qu’ils travailleront dans sa plantation ils ne courront aucun danger, Maria Vial, incarnée par Isabelle Huppert, refuse de voir que la violence , les haines, les non dits, prémices de toutes guerres, se sont déjà et depuis longtemps, infiltrés au sein de cette plantation qui pour elle est une sorte de refuge que rien ne peut atteindre. La guerre n’existe pour elle que par une voix, celle qui transmet au moyen de la radio des encouragements aux rebelles et qui incite à la violence. Elle n’est donc pas réelle pour elle, elle appartient au domaine du fantasme. Dans ce paradoxe se crée la problématique du film, comment dire et accepter la guerre ? Cette violence soudaine au sein d’une même nation, ou d’une même famille qui éclate brutalement…

white_material_isabelle_huppert

Paradoxe qui est à la fois la force et l’écueil de ce film qui refuse le réel pour parfois trop se confondre dans un onirisme que prêtent ces paysages de brousses extrêmement bien filmés par Claire Denis. En effet, la dénonciation de la violence et de la guerre civile qui devaient être l’élément moteur de ce film, restent en surface et tombent dans un pathos parfois trop exacerbé qui se cristallise dans le jeu d’Isabelle Huppert et au lieu d’être un cinéma qui affronte le réel, il l’occulte et devient un cinéma qui se met en scène, se regarde et qui se perd dans son propre narcissisme.

Rencontre avec Nikita Mikhalkov au Forum des Images
Baru récompensé au Festival d’Angoulême
Coline Crance

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