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Une pure affaire, quand la famille se met à dealer

Une pure affaire, quand la famille se met à dealer

18 janvier 2011 | PAR Yaël Hirsch

Tiré d’une nouvelle acide de l’écrivain britannique Matthew Kneale, le premier long métrage d’Alexandre Coffre saisit la sortie de la médiocrité des succulents François Damiens (La famille Wolberg, Le petit Nicolas) et Pascale Arbillot (Coco, Les petits mouchoirs) et montre comment la poudre d’escampette peut ressouder un couple. A condition de ne pas y toucher… Sortie le 2 mars 2011.

David Pelame (François Damiens) est un homme honnête avec une famille triste et des rêves de grandeur brisés par un travail de plumitif à la Défense. Sa femme (Pascale Arbillot) fait semblant de ne plus le voir, et ses deux enfants posent tous les problèmes adjacents aux ados et pré-ados. Un soir, alors qu’il sort promener le chien pour échapper à une humiliation conjugale de plus et pour fumer sa cigarette en cachette, il se retrouve avec un sac rempli de coke sur les bras. Et en bonus le téléphone du dealer avec son agenda. Sous le pseudonyme de « Goliath », il finit par livrer un client… et n’en croit pas ses yeux devant l’argent qui tombe comme une manne du ciel. Il fait réparer illico la voiture de sa femme et lui offre des boucles d’oreilles… Elle croit qu’il a un amant, il lui avoue tout, y compris que la coke peut bien être l’occasion de sortir enfin d’une vie d’honnêteté frustrante. Le business ressoude le couple qui excelle dans ce nouveau tandem. Jusqu’au jour où le dealer en chef alias « Patron » (Gilles Cohen) les retrouve…

Avec un scenario peaufiné, des images justes et des acteurs absolument parfaits (notamment les saillies d’accent belge de François Damiens en « Goliath »), « Une pure affaire » est – mais si!- un film français à la fois social et non déprimant. Les personnages secondaires décrivent très justement un certain milieu social qui est celui de monsieur et madame tout le monde. La légère touche de politiquement incorrecte du film touche juste là où tout un chacun voudrait se sentir vivre sans pour autant tout envoyer balader pour partir en solitaire en Finlande. Un film qui porte très bien son titre puisqu’on en sort souriant.

 

« Une pure affaire », d’Alexandre Coffre, avec François Damiens, Pascale Arbillot, Larent Laffite, Gilles Cohen, et Didier Flament, France, 1h28, sortie le 2 mars 2011.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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