Cinema
[Un certain regard] « The shameless » : ronde sombre pas très entraînante

[Un certain regard] « The shameless » : ronde sombre pas très entraînante

22 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Dans une réalité sud-coréenne qu’on a l’impression de connaître déjà beaucoup, un réalisateur fait se rapprocher deux personnages peu attachants… Un film policier dont on se désintéresse rapidement…

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Il arrive que certains films ne nous accrochent pas, du fait de leurs héros pas attachants. Le cas se présente avec The shameless, un drame policier pourtant pas dénué de qualités, qui voit un flic en pleine enquête et la maîtresse d’un criminel se rapprocher. Oh Seung-uk est notamment doué pour tourner les scènes de bagarre. Précises, rythmées, elles retiennent l’attention. Le reste du temps, il est plus difficile de s’intéresser à ses personnages. Kim, la femme, agit à cause de l’amour qu’elle porte à son compagnon en fuite, un amour auquel on du mal à croire. De son côté, le lieutenant Jung reste impénétrable… Jamais on ne voit ces personnages dans leur vie quotidienne. On ne les suit que dans leurs errances, qui les font se cogner à la dure réalité sud-coréenne : la corruption de la police, des grands patrons, l’obligation d’en passer par les services sexuels… On a l’impression que ces figures sont sacrifiées au profit des rouages du scénario, et de la volonté de dénoncer…

Le film a tout de même un ton, discrètement mélancolique, qui pourra séduire certains. Les amoureux du film noir, notamment. Mais des maladresses se présentent, telles cette scène-climax, bien faite, mais soutenue par une musique mélodramatique à souhait… Le réalisateur voulait que son film soit « brut et dénué de sophistication » (dixit le dossier de presse). Tel quel, il est plutôt élégant, et ne prend pas beaucoup aux tripes… Surtout, il épouse le caractère effacé du lieutenant de police qu’il suit. Il eût du mettre en lumière par moments l’amour profond qu’il en vient à éprouver, pour atteindre au lyrisme…

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The shameless, un film de Oh Seung-uk. Avec Jeon Do-yeon, Kim Nam-gil, Park Sung-woong, Kwak Do-won. Policier, Sud-Coréen. Durée : 1h58.

Visuel : © CGV Arthouse

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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