Cinema

Trois mondes de Catherine Corsini : Quand la course poursuite métaphysique se transforme en guerre lasse

Trois mondes de Catherine Corsini : Quand la course poursuite métaphysique se transforme en guerre lasse

05 décembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Présenté dans la section « Un certain regard » à Cannes, en mai dernier (voir notre live-report), avec sur le devant de la scène les très beaux Clotilde Hesme, Arta Dobroshi et Raphaël Personnaz, le nouveau film de la talentueuse réalisatrice des « Ambitieux » (2006) perd trop le fil de la vraisemblance narrative pour tenir son public en haleine. Un nœud de culpabilité à la Française qui saura peut-être trouver son public mais en lassera plus d’un. Sortie le 5 décembre 2012.

D’origine très simple Al (Raphaël Personnaz) est sur le point de s’asseoir sur le haut de l’échelle sociale après une fulgurante ascension en épousant la fille de son patron et en reprenant le garage de ce dernier. La faiblesse de ce Octave Mouret du 21ème siècle n’est pas une jolie et simple jeune femme, mais un bête accident de la route  après une soirée un peu trop arrosée. Poussé par ses deux amis présents sur les lieux de l’accident à prendre la fuite plutôt qu’à déclarer l’accident, le jeune-homme se morfond en culpabilités. Mais sa vie devient intenable quand il apprend qu’une témoin a vu la scène. Elle s’appelle Juliette (Clotilde Hesme), s ‘est rapprochée de la veuve de l’homme mort dans l’accident, Véra (Arta Dobroshi) et vient à la rencontre de Al dont elle retrouve la piste. Mais elle n’arrive pas à le dénoncer à la police. Elle commence par lui demander de l’argent pour aider la veuve, sachant que ce n’est pas la chose à faire…

Cascades de culpabilités, scènes bleutées dans les couloirs du garage où travaille Al, ébats interdits et trio non amoureux égrenant trois visions d’un homicide, « Trois mondes » part en morceaux certes esthétiques, mais trop lâches et intérieurs pour tenir le public en haleine. Les poursuites sont de chacun contre soi-même et la lassitude gagne le public, malgré le jeu très juste et très touchant de Clotilde Hesme et la belle gueule surtout désemparées de la nouvelle coqueluche du cinéma français, Raphaël Personnaz. A voir pour les comédiens ou attendre tranquillement le DVD pour commenter à plusieurs et pimenter la projection.

Trois mondes, de Catherine Corsini, avec Clotilde Hesme, Arta Dobroshi, Adèle Haenel, Réda Kateb, et Raphaël Personnaz, France, 2012, 1h41. Sortie le 5 décembre 2012.

Multiples rencontres autour des 40 ans d’art press les 13,14 et 15 décembre 2012 à la BNF
Khmers rouges : 6 heures de documentaires pour 4 années de génocide
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

One thought on “Trois mondes de Catherine Corsini : Quand la course poursuite métaphysique se transforme en guerre lasse”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *