Cinema

Travelling sur l’Opéra

20 octobre 2009 | PAR Alienor de Foucaud

Frederick Wiseman, pionnier du cinéma documentaire sociétal, a installé sa caméra durant douze semaines au cœur de l’Opéra de Paris. Des ateliers de couture aux représentations publiques où brillent les étoiles, ce film nous entraîne dans les coulisses de la prestigieuse institution et nous montre le travail de tous ceux qui donnent quotidiennement corps à des spectacles d’exception.

Ce n’est donc pas un hasard si le premier plan du film se situe dans les égouts de Garnier, on l’aura compris, il s’agit ici de plonger au plus profond de cette institution et de montrer comment l’art éphémère de la danse s’impose dans le cadre rigide et historicisant d’une organisation tricentenaire. Mais si Frederick Wiseman pose cette question, il ne donne pas de réponse, ni d’explication. Il fonctionne ici comme dans toute son œuvre, sans aucune interview ni sous-titres explicatifs : à chacun de trouver ce que sous-entend l’image. On est loin de la démarche pédagogique du documentaire traditionnel.

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Mais que montrent alors ces 2 heures 39 d’images ininterrompues, superbes et impressionnantes ? Une organisation où l’administratif compte autant que l’artistique. Wiseman donne grande place à la vie de bureau et au quotidien de Brigitte Lefèvre, directrice de la danse. En ce sens, il dévoile la face cachée de l’ institution.

Lorsque Wiseman filme les danseurs, il use d’un parti pris surprenant, ne leur accordant jamais la parole comme s’ils n’avaient que leur corps pour s’exprimer. Aussi, le spectateur entre dans l’intimité du danseur et, seuls, se font entendre le son de leur respiration et du glissement de leurs chaussons sur le sol. Il en ressort un silence de la danse et du corps qui ne nous semble pas être la réalité. Wiseman nous invite à voyager au cœur d’un royaume où le travail et la discipline sont de rigueur et à découvrir des êtres fascinants en quête de l’impossible perfection.

Non seulement, il dresse ici un tableau vivant d’une institution hors pair, mais il offre à son public une réelle création symphonique, immergeant le spectateur au cœur d’un art sans limites et aux mille ressources. De Casse-Noisette aux œuvres de Piana Bausch et Mats Ek, Wiseman rend hommage aux plus grands de la danse classique et contemporaine, redonnant à cet art toute sa dimension.

On ressort de ce documentaire ébloui et n’ayant qu’une idée en tête : réserver ses places à Garnier pour assister au prochain ballet de l’Opéra et faire vivre la danse, plus que jamais…

La Danse, l’opéra de Paris,  de Frederick Wiseman, 2h 38min, 200, sortie le 7 octobre

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Alienor de Foucaud

One thought on “Travelling sur l’Opéra”

Commentaire(s)

  • c’est exactement ça, on sort avec une envie de ballet! seul bemol…Mc Gregor n’est présent que quelques minutes…
    quel bonheur de voir se construire le médée de Preljocaj.
    C’est un documentaire à la streap tease.
    Merci pour votre article!
    Amélie

    octobre 28, 2009 at 9 h 42 min

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