Cinema
« Tom à la Ferme », de Bouchard à Dolan pour un drame haletant

« Tom à la Ferme », de Bouchard à Dolan pour un drame haletant

01 avril 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Après la trilogie Comment j’ai tué ma mère, la réussite des Amours imaginaires(notre critique)  et Laurence anyways (notre critique). Le fulgurant (25 ans) Xavier Dolan quitte le champ des relations amoureuses pour s’attaquer à un drame haletant dans l’adaptation réussie de la pièce de Michel-Marc Bouchard, Tom à la ferme, déjà repéré à la Biennale di Venezia 2013.

[rating=4]

Quand le théâtre se voit adapté au cinéma cela est forcément une bonne idée. Et c’est de concert que dès 2011, Michel Marc Bouchard donne son accord pour voir son sombre Tom à la ferme être porté à l’écran. Ici, l’esprit de huis clos est totalement respecté pour resserrer sur le spectateur un étau sans issue.

113 scènes le plus souvent en plan serré ou décalé nous emmènent sur la route déserte qui  traverse les champs de maïs. Tom (Xavier Dolan en personne) est un garçon blond décoloré,  les lèvres rose foncé, la conduite nerveuse. On l’apprendra relativement vite, après un début calme, il va aux funérailles, en filigrane, on le comprend, de son amoureux, Guillaume. Il arrive dans une ferme moderne où vivent Agathe (Lise Roy) et Francis (Pierre-Yves Cardinal) , la mère et le frère du défunt. Il réalise vite que personne n’est au courant des liens qu’il entretenait avec le disparu. C’est avec effroi qu’il se retrouve pris au piège d’un jeu malsain qui lui fait perdre toute raison dans un violent syndrome de Stockholm.

La camera de Dolan, comme à son habitude sait capter les émotions des protagonistes en un clin d’œil. Il ne laisse rien passer dans des gros plans qui font apparaître rides et cernes. Il sait faire monter la pression, nous saisir par la peur. Pour cela il utilise les grosses ficelles des blockbuster, adagio de barber en tête ou Les moulins de mon cœur de Legrand version lyrique et cela marche. Cela marche car il associe une histoire et une image esthétisante à une rhétorique grand public.  Il nous malmène dans un coup classique mais efficace, celui de nous laisser poireauter, angoissés en attendant les réponses à nos questions. En gentil garçon Dolan nous libérera, nous répondra.

On tombe dans le panneau et dans l’angoisse de ce (presque) huis-clos qui nous glace de façon quasi adolescente. Dolan est un grand magicien qui sait faire fonctionner les images entre elles, en y apposant la touche de lumière qu’il faudra pour ajouter du drame au drame

En salles le 16 avril, durée 1h42, Canada/France, distribué par Diaphane

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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