Cinema

Critique: The Master, Paul Thomas Anderson et Joaquin Phoenix alternent le sublime et le ridicule

12 janvier 2013 | PAR Gilles Herail

The Master ne réconciliera pas Paul Thomas Anderson avec ses détracteurs. Un film parfois génial grâce à Philip Seymour Hoffman et Amy Adams, mais dont la fausse étrangeté trop travaillée pour être honnête et la performance grotesque de Joaquin Phoenix laissent de marbre. Une déception.

[rating=1]

Paul Thomas Anderson est comme Terrence Malick, victime d’une critique trop complaisante qui encense à outrance l’ensemble de son oeuvre. Malgré un formalisme parfois prétentieux et une soit- disant maitrise qui manque d’humanité et d’humilité. Son There Will be Blood grandiloquent et parfois grotesque n’était pas dénué de qualités mais pas non plus de lourdeurs gênantes. The Master souffre des mêmes problèmes. PT Anderson nous raconte l’histoire d’une relation fusionnelle entre un gourou psy et un vétéran à la limite de la folie, sans choisir sur la tonalité à adopter. On apprécie l’approche historique et documentaire sur ce pseudo psy, ses séances d’analyse en public, cette cour qui l’entoure et l’adule. Ce docteur charismatique trouble est incarné par Philip Seymour Hoffman, et aurait mérité d’être le coeur du film, tant son personnage est fascinant.

Malheureusement, comme dans There will be blood, Paul Thomas Anderson s’égare dans le chemin du grotesque. De la performance à Oscars de la pire des sortes, une fascination malsaine pour le glauque et l’esprit torturé à outrance. Le duo avec Philip Seymour Hoffman dérive dans une relation Bossu/Frolo très caricaturale. Joaquin Phoenix est en roue libre, une caricature de lui même, cherchant à tout prix à rendre son personnage le plus absurde possible, au détriment du réalisme et l’identification. Défiguré par des mimiques, des grimaces, un maniérisme dans la voix. Des minauderies permanentes dessinant gratuitement un personnage à la limite du monstrueux, jamais crédible, et surtout jamais intéressant. L’acteur ne joue pas mais « performe » dans un surjeu de tous les instants qui au mieux lasse sans être réellement intégrant, au pire devient franchement embarrassant.

Au delà du problème fondamental de ce personnage qui parasite le propos parfois passionnant au demeurant du film, The Master manque clairement et fondamentalement de rythme. Les 2H20 semblent une éternité malgré quelques fulgurances bien senties. Grâce à Philip Seymour Hoffman. Mais aussi à Amy Adams dont le personnage aurait mérité d’être plus fouillé, à la fois froide et machiavélique sous son visage d’ange. Inutile de revenir sur la qualité de la photo et de l’image, c’est bien le moins que l’on puisse attendre d’un cinéaste dont le formalisme est la marque de fabrique. La critique américaine a adoré. La française risque de l’aduler aussi. On en reparlera pour les spectateurs…

The Master, un drame de Paul Thomas Anderson avec Philip Seymour Hoffman, Joaquin Phoenix, Amy Adams, durée 144min,

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Gilles Herail

3 thoughts on “Critique: The Master, Paul Thomas Anderson et Joaquin Phoenix alternent le sublime et le ridicule”

Commentaire(s)

  • Chenille

    Merci pour cette critique qui exprime avec grand clarté les insatisfactions nombreuses lors de sa projection. Une fan de Magnolia très très … déçue par l’ennui incommensurable ressentie durant le film.

    janvier 13, 2013 at 12 h 40 min
  • disnanfer

    C’est ça une critique ?

    janvier 20, 2013 at 2 h 55 min

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