Cinema

The Land of hope, bouleversante chronique d’une catastrophe nucléaire

The Land of hope, bouleversante chronique d’une catastrophe nucléaire

11 décembre 2012 | PAR Elodie Rustant

Présenté en avant-première lors du riche festival Un Etat du monde…et du cinéma au Forum des Images, The land of hope est le tout premier film de fiction consacré au terrible accident nucléaire de Fukushima. Un film majestueux à l’image du pays martyr superbement mis en scène.

11 mars 2011, un séisme de magnitude 9,0 frappe 600 kilomètres de côtes japonaises déclenchant un tsunami dont les vagues vont atteindre 30 mètres. A Fukushima la centrale nucléaire est touchée provoquant l’explosion de plusieurs réacteurs. Le gouvernement japonais tente de minimiser la situation mais les nuages radioactifs vont se répendre à une vitesse folle, les eaux proches de la centrale sont contaminées en quelques heures.

Montrer le spectaculaire de cette catastrophe est justement l’écueil dans lequel le réalisateur japonais Sono Sion ne veut pas tomber. Du séisme, on ne verra que les premières secousses, un bol se brisant au sol. La tragédie se situe pour lui non pas au cœur de cet événement mais dans tout ce qui en découlera.

Dans une petite ville nichée à deux pas de la centrale, une famille élevant des vaches est sommée de quitter les lieux au plus vite. Le père, vieillard lucide à la farouche détermination s’y refuse et oblige fils et belle-fille à quitter la maison. Izumi est enceinte et donc particulièrement exposée aux radiations.

Le réalisateur s’arrête longuement sur les scènes de vie de cette maison ne s’inscrivant justement plus dans le quotidien. La normalité ayant été balayée par le drame. La longueur des plans soulignent cette impossible tentative à reprendre une existence ordinaire.

Par les douloureuses séparations et la torpeur qui semble avoir saisi le pays et ses habitants, Sono Sion dénonce l’hypocrisie d’un gouvernement bombardant de spots rassurants une télévision corrompue. Sur la poignée de personnages fictifs choisis par Sion, personne n’est dupe. Si Yasuhiko, le père, se montre déterminé mais fataliste, Izumi bascule dans une psychose presque délirante.

Mais l’extrême beauté du pays meurtri ressurgit au travers d’éclats fugitifs. Une course-poursuite dans la ville morte envahie d’animaux errants se métamorphose en un véritable moment de grâce.

Œuvre profondément militante et donc forcément clairvoyante, The Land of Hope n’en reste pas moins un saisissant message d’espoir.

Le Japon agonisant de Sono Sion panses ses plaies en souriant, ses personnages progressent lentement dans l’épaisse couche de neige, un pas puis un autre.

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Elodie Rustant

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