Cinema

The Dictator: Sacha Baron Cohen à son meilleur

27 juin 2012 | PAR Gilles Herail

Critique. The Dictator ne reprend pas la forme de faux documentaire à la Borat mais garde le mauvais esprit, le mauvais gout et surtout le politiquement incorrect. Un vrai plaisir malgré les quelques baisses de rythme. Synopsis officiel: L’histoire héroïque d’un dictateur qui va jusqu’à risquer sa vie pour s’assurer que son cher pays oppressé ne devienne jamais une démocratie.

On avait rencontré Baron Cohen avec Borat et Bruno qui utilisaient la même recette de faux documentaire, mélangeant le réel et le joué, sans que le spectateur ne sache parfois où se situer. The Dictator est en ce sens plus abordable car ce 3ème film est une véritable fiction, qui n’utilise qu’avec extrême parcimonie les procédés de réutilisation d’images d’archives ou de vidéos style youtube. Reprenant quelques arguments très Boratiens dans la description du monde des dictateurs sanguinaires, The Dictator est une comédie comme seule l’auteur anglais sait les faire. Des déguisements extravagants, un personnage cartoonesque haut en couleur et un humour débridé. La même technique de promotion, en costume et sans quitter son rôle sur les plateaux télé et dans des interventions surréalistes (la dernière en date de ce fameux dictateur pour saluer la victoire de François Hollande, buzz pas cher et assure pour le film).

Le film annonce la couleur dès la première seconde en étant dédicacé à la mémoire du regretté Kim Jong-Il. Tout un programme! Qui tient ses promesses malgré quelques longueurs. Le reste est en effet du même acabit. Cet appétit particulier pour la satire qui sait mélanger le mauvais gout, l’absurde burlesque et le trash, dans une veine assumée d’anti politiquement correct. La trame du scenario est faible mais l’on n’attendait pas vraiment une histoire solide et le rythme se tient plutôt correctement dans ce grand sketch jouissif ou personne n’est épargné.

Les amateurs adoreront. Les autres beaucoup moins. Sacha Baron Cohen ne se renouvelle pas (au delà de la forme) mais maitrise parfaitement son art. On rit énormément, de bon cœur, mais souvent jaune (comme dans le récent Case Départ) car l’auteur acteur réalisateur ne s’impose pas de limites et va parfois assez loin. Parfois un peu trop avec des blagues et des personnages douteux. Mais la figure du Dictateur est un prétexte parfait comme l’était celui de Borat pour pouvoir balancer des insanités toujours plus fleuries, parfois assez choquantes mais toujours jouissives. Seules les attaques plus sérieuses et plus politiques contre les conservateurs tombent comme un cheveu sur la soupe. The Dictator est dans son genre un excellent divertissement, un grand moment de récréation et de mauvais esprit bourré de bonnes idées et de gags. Et assez unique dans le paysage de la comédie américaine actuelle. Moins grand public que le tout aussi hilarant 21 jump street qui sortira de même en juin mais tout aussi réussi.

Gilles Hérail

The Dictator, une comedie américaine de et avec Sacha Baron Cohen avec Ben Kingsley et Anna Faris, 1h23, sortie le 17 juin 2012

Gilles Hérail

Alexandre Astier, prix du jeune théâtre de l’Académie Française
Les vernissages de la semaine du 28 juin
Gilles Herail

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