Cinema
The day he arrives, l’un des plus beaux films d’Hong Sang-soo

The day he arrives, l’un des plus beaux films d’Hong Sang-soo

18 mai 2012 | PAR Olivia Leboyer

Hong Sang-soo réalise des films comme il respire. Comme autant de promenades tristes et joyeuses. The day he arrives est absolument sublime !!! Sortie le 16 mai 2012 : à voir absolument.

Hong Sang-soo nous manquait depuis décembre dernier seulement : Okie’s movie était un très beau film sur l’amour et la mémoire… Ces jours-ci, il présente à Cannes un film avec Isabelle Huppert (In another country), tandis que ce film-ci, The day he arrives, arrive inopinément sur nos écrans. Un Hong Sang-soo de plus, pareil aux précédents et aux suivants ? Oui, évidemment, mais ce film est aussi extrêmement fort et singulier. Pareil et différent. Comme les filles que le personnage masculin, cinéaste « en pause », ne cesse de rencontrer… Toutes semblables, pudiques et émotives, secrètes et brûlantes, joyeuses et tristes… Ou bien seraient-elles uniques, voire l’unique ? Comment savoir ?

A Séoul pour quelques jours, le cinéaste encore jeune mais plus tout à fait adolescent, croise et recroise des filles, revoit une jeune femme aimée, en rencontre une nouvelle qui lui ressemble étrangement, ainsi qu’une autre qui ne lui ressemble pas. Quelques hasards, qui ne sont jamais que de simples enchaînements sans lien entre eux, le conduisent à retourner plusieurs fois dans le même bar. Les événements ont lieu et il serait facile de les interpréter, de leur trouver un sens romantique. Cela, le héros ne le fait pas : attentif à la vie qui passe, il se refuse à magnifier le passé, à construire des chimères. Une fille, une cigarette, quelques verres, du temps à traîner en attendant de travailler de nouveau (ou peut-être pas), et il sera déjà l’heure de repartir en province, là où il enseigne désormais le cinéma.

Dans The day he arrives, le héros promène une fatigue irrésistible ! Toutes les filles veulent le séduire, le garder. Mais il s’échappe, sans raison, le temps d’un morceau au piano ou d’une balade sous la neige. Très belle, l’affiche du film nous montre le regard émerveillé que deux amis (son meilleur ami et une jolie jeune femme sous le charme !) portent sur le personnage principal, qui joue du piano hors champ. Avec bienveillance et étonnement, ils admirent cet homme incapable de se fixer, incapable de choisir sa vie et sa trajectoire. Comme l’air ou les flocons, le héros repartira comme il est venu, éternel masculin tout en faiblesses diverses (« un vrai homme », lui dit l’une de ses conquêtes !). De ceux que les femmes sont prêtes à attendre…

Un film bouleversant, à voir impérativement !

The day he arrives (Matins calmes à Séoul), de Hong Sang-soo, 1h19, Corée du Sud, avec Yu Jun-Sang, Kim Sang Jung. Sortie le 16 mai 2012.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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