Cinema

Téhéran

17 février 2010 | PAR Coline Crance

Téhéran de Nader T Homayoun sort le 7 avril en salle.

Téhéran est une plongée dans la société iranienne actuelle. Un jeune homme Ibrahim, face aux difficultés de la vie de la capitale , tombe dans les bas-fonds de Téhéran ou violences et magouilles font force de loi. Par le biais de la fiction, de ce polar sensible et touchant , Nader T Homayoun, dresse un portrait plein de justesse de l’Iran d’aujourd’hui. Le choix de la fiction lui permet d’avoir le recul nécessaire sur son pays , et lui donner une certaine force de liberté qui lui permet alors d’insérer le cinéma dans le réel. Le cinéma alors ne devient plus juste un poseur de question, mais il prend parti, il filme cette profonde misère et cette violence d’un peuple déchiré. Mais Nader T Homayoun n’oublie pas que le cinéma est aussi avant tout une échappatoire. Malgré la sombre réalité qu’il filme sans complexe ni tabou, il offre à son spectateur de jolies scènes de tendresses et de comédies qui montre que l’espoir, la vie existent encore à Téhéran et que l’on peut rire de ces tabous et de ces paradoxes qui caractérisent cette société iranienne.

À travers « le parcours initiatique » d’Ibrahim, de sa naissance à sa révolte, il dresse un intelligent tableau de cette capitale. Ibrahim désespéré, participe à une arnaque en se déguisant en faux policier gardien des bonnes mœurs. Histoire cocasse à double niveau ,  le héros certes s’en met plein les poches mais rappelle aussi que la vie à Téhéran se place sous deux angles, celui de  la loi et du discours officielle puis celui des citadins iraniens et surtout de cette jeunesse qui de plus en plus malgré l’interdit tend à s’occidentaliser, à braver les interdictions ou à se débrouiller tant bien que mal comme le jeune Madji, compagnon de galère d’Ibrahim. Mais le choix de fiction détermine aussi le choix de la fin. Malgré de grands passages comiques, subversisf de la morale établie par les autorités religieuse , la fin choisie est tragique ou du moins symboliquement violente et anonyme anéantissant tout espoir. Est-ce pour dénoncer plus qu’un régime la violence elle-même et donner une portée universelle au film ? Ou bien est-ce pour  montrer que dans ce pays qui se disloque où l’on peut rire si facilement par le biais d’un film des valeurs religieuse, c’est la violence et la « débrouille » qui prennent le pas et qui font office de lois dans un pays qui reste toujours en lutte.

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Coline Crance

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