Cinema
Superbe exposition Stanley Kubrick à la Cinémathèque Française

Superbe exposition Stanley Kubrick à la Cinémathèque Française

21 mars 2011 | PAR Coline Crance

Du 23 mars au 31 juillet 2011, la cinémathèque consacre une exposition à l’un des plus grands maîtres du cinéma, Stanley Kubrick. Cette exposition Kubrick doit son existence au Deutsches Filmmuseum de Francfort et à Hans-Peter Reichman, son Commissaire d’exposition, qui l’a conçue en 2004 en collaboration étroite avec Christiane Kubrick, Jan Harlan, et The Stanley Kubrick Archive à Londres. Exhaustive et brillante, cette exposition s’immisce au cœur du mystère et des obsessions de ce cinéaste virtuose.

 « La meilleure éducation en matière de film c’est d’en faire un ». Stanley Kubrick

L’exposition retrace à travers les accessoires, les costumes, les documents de recherches ou les photos de tournages le perfectionnisme maladif de Kubrick. Obsessionnel , chaque film est une nouvelle possibilité pour le cinéaste d’atteindre un absolu. Le regard de Kubrick sur ses propres films est avant tout chirurgical, plastique, musical et sensitif. Il interroge à l’échelle intime ou cosmique sur ce qui sépare l’homme de la machine et de la bête, et fonde notre humanité. « Je ne vois pas les personnages en termes de bien ou mal, mais en termes de bien et mal ».

L’exposition se situe sur deux niveaux et reconstruit pas à pas , à travers chaque film l’ univers de l’artiste. Une reproduction de la moquette du film Shining relie les deux étages. Le spectateur est invité à déambuler dans cette grande poétique du chaos symptomatique de l’œuvre de Kubrick. Le lien logique se crée entre les films. Kubrick à la filmographie au premier abord disparate, est un cinéaste guidé par ses obsessions. 2001 l’Odyssée de l’espace, Lolita, Full Metal Jacket se font échos et sont les socles de son univers mental. L’obsession du double est récurrent dans les films de Kubrick et est mise en évidence à travers l’exposition. Les monde inversé, les scènes de miroirs ( Shining ou encore Eyes Wide Shut), les figures duales, le recours aux répétitions, les phrases répétées en boucle, le père et le fils sont des motifs omniprésents dans ses films. Cette obsession  se retrouve dans la symétrie des structures narratives : l’utilisation de flash-back jouant sur des phénomènes d’occlusion, la division du récit en deux, de façon géométrique la seconde partie duplique la première comme dans Orange Mécanique, Full Metal Jacket ou encore Barry Lindon.

Ce démiurge est aussi un puissant esthète, un  homme secret, roi de la cabale et des projets inachevés. A travers les photos de tournages sa passion pour des peintres comme Jérôme Bosch, Mark Rothko, Otto Dix ou Georges de la Tour se révèle. Il a tenu par exemple à tourner les scènes nocturnes de Barry Lindon à la lumière des bougies, ses  champs batailles se mettent en scène comme des tableaux de Otto Dix. L’art et la société interviennent directement dans son œuvre.  Vogue et Hamilton participent aux costumes et aux décors de 2001 Odyssée de l’espace... Mais cet artisan accompli connut aussi de puissants échecs critiques et  reçut de nombreuses menaces … L’exposition affiche les désastreuses critiques de films visant à détruire la réputation du film Lolita ;  le choc de la presse quand elle découvre Orange mécanique avant son interdiction totale en Grande Bretagne … Adepte de la culture du secret, sa retraite anglaise dès 1960 a aussi oeuvré à son mystère. Son dernier film Eyes Wide Shut adapté de la Traumnovel de d’Arthur Schnitzler contribue à l’épaissir et faire de Kubrick ce génie visionnaire, maladivement obsessionnel et méticuleux.

Mais cette exposition croque le portrait de cet artiste sous un jour plus humain et plus tendre. Kubrick c’est avant tout un homme angoissé et complètement autodidacte qui se fit un nom dans la presse dès ses seize ans quand son père lui offrit un appareil photo. A travers ses clichés exposés sur un pan entier de mur , la personnalité hypersensible et cette distance ironique et cruelle qu’il ne cessera de poser par la suite sur la réalité, apparaissent sous un jour nouveau.

La cinémathèque offre pour ce début de printemps une plongée unique, personnelle et exhaustive dans l’univers de ce grand visionnaire. A ne pas manquer.

 Autour de l’exposition :

Rétrospective des films de Kubrick à la cinémathèque du 20 avril au 2 mai 2011.

Les conférences de la cinémathèque, deux dates clefs :

Le mercredi 20 mars à 19h00 : Table ronde «  Kubrick et après ? » Avec Olivier Assayas, Jean -François Rauger, Nicolas Saada, animé par Bruno Payen.

Le lundi 28 mars à 18h « Le cinéma de Kubrick : entre raison et passion » animé par Michel Ciment, rédacteur en chef de Positif et spécialiste de Kubrick en France.

( …)

En Kiosque : Le hors série Trois couleurs de chez MK2 consacré à Stanley Kubrick est disponible depuis le 9 mars. Il est le guide indispensable de cette exposition et offre un certains nombres de précieux témoignages, photos de tournages… A lire et à acheter absolument pour les amateurs du cinéaste. Prix : 9,90 euros.

Exposition Stanley Kubrick du 23 mars au 31 juillet 2011 à la cinémathèque français. 51 rue de Bercy , 75012 Paris métro : Bercy ligne 6 et 14. Ouvert tous les jours sauf le mardi , de 12h à 19heures. Nocturnes le jeudi jusqu’à 22h. Plein tarif : 10e Tarif réduit : 8e Moins de 18 ans : 5e

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Coline Crance

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