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« Mytho » la série désespérée et drôlement bien ficelée de cet automne 2019 sur Arte

« Mytho » la série désespérée et drôlement bien ficelée de cet automne 2019 sur Arte

14 octobre 2019 | PAR Yaël Hirsch

Avec un scénario et des dialogues bétons écrits par Anne Berest et Fabrice Gobert, Mytho suit les aventures d’une mère de famille assez désespérée pour mentir dans les grandes largeurs. Une plongée dans la saison 1 à effectuer illico sur Arte : après une première partie le 10/10 rdv le 17/10 pour la deuxième mi-temps. 

La quarantaine assumée, Elvira (Marina Hands toujours juste et subtile) évolue entre un mari photographe (Mathieu Demy, mou en diable) qui la trompe et trois enfants qui se cherchent sans la calculer : Carole, l’aînée dark, Sam le fils transgenre à fleur de peau et Zélie la petite dernière qui sait tout. Alors qu’elle est seule pour assurer les rentrées d’argent avec un travail dans l’assurance et pour faire les courses, la lessive et le manger, un examen médical autour d’une boule au sein où elle va seule sans susciter d’attention ni de questions fait comme un déclic : elle se laisse entraîner à mentir et à dire qu’elle a … un cancer alors que tout va bien. Dès lors, la tribu se resserre autour d’elle et chacun la chérit enfin comme il se doit. Mais c’est mal de mentir, n’est-ce pas ?

Extrêmement bien filmé (tableaux des enfants bleutés, portraits de l’héroïne sublime, plans finaux de chaque épisode très léchés) dans une atmosphère de petite ville et de classe moyenne aussi asphyxiante que dans Weeds ou Desperate Housewives, Mytho nous entraîne sans peine dans son ironie mordante : scénario mordant, rythme parfaitement bien mené, personnages touffus (on adore le grand-père Nono pizzaïolo et philosophe joué par Andrea Roncato aussi bien que la pharmacienne mante-religieuse interprétée par Linh-Dan Pham et le sublime fils transgenre parfait incarné sans chichi par Jérémy Gillet) et dialogues au cordeau, la petite nouvelle d’Arte a tout d’une grande série. Il y a les grands plans américains et le sens du mot très français, il y a un mystère un peu goûteux mais surtout beaucoup de psychologie et de justesse qui se répercutent dans des dialogues impeccables et cruels. Le bouchon est poussé toujours un peu plus loin dans cette première série qu’on regarde d’une traite en attendant la suite…

Mytho, de Anne Berest et Fabrice Gobert, avec Marina Hands, Mathieu Demy, Marie Drion, Jérémy Gillet, Zélie Rixhon, Andrea Roncato, Linh-Dan Pham, saison 1,  2019, 6 épisodes de 42 à 55 minutes. Egalement disponibles jusqu’au 30 octobre sur arte +7.
visuel: (c) Affiche / Arte 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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