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L’amie prodigieuse: lumineuse adaptation pour le petit écran de la saga littéraire d’Elena Ferrante

L’amie prodigieuse: lumineuse adaptation pour le petit écran de la saga littéraire d’Elena Ferrante

01 février 2019 | PAR Marine Sulitzer

A l’annonce de l’adaptation de L’Amie Prodigieuse, premier tome de la saga littéraire d’Elena Ferrante, les fans de l’oeuvre ne tardèrent pas à prononcer leurs réserves tant la tâche semblait ardue. Que les lecteurs assidus de l’écrivaine se rassurent.Confiée par la romancière en personne à Saverio Costanzo, la série se révèle un écrin de poésie et de grâce où langage littéraire et cinématographique se confondent dans un dialogue rare.

Vendus à plus de 10 millions d’exemplaires à travers le monde, les quatre tomes de L’Amie Prodigieuse n’ont pas tardé à attirer l’attention de la Rai, HBO et de Canal+, aux manettes de la production des 8 épisodes de la saga. A l’instar du best-seller, l’histoire nous plonge dans le quotidien d’Elena et Lila, deux petites filles dans un quartier pauvre de Naples au début des années 50. L’une est un exemple en classe, polie et intelligente, l’autre est furieuse, sauvage et prodigieuse. De cette rivalité va naître une amitié profonde, parfois destructrice mais toujours merveilleuse que l’on voit grandir avec les années qui filent et la vie qui souvent abîme.

Mettre des images sur le Naples ardent et poussiéreux des années 1950, avec son lots de guérillas urbaines, de rivalités entre familles et de machisme exacerbé sans tomber dans le misérabilisme et en préservant la lumière du récit de Ferrante semblait relever de l’impossible. Et pourtant, la caméra de Saverio Costanzo virevolte entre le chemin de l’école, seul espace de liberté pour les deux amies, les échoppes vides, les ruelles terreuses et les immeubles en lambeau. D’une lumière folle, la photographie, couplée à la magnifique bande originale composée par Max Richter, valse à merveille avec le texte d’Elena Ferrante, mettant à nue une littérarité que l’on pensait imprenable.

Confiés à Elisa Del Genio et Ludovica Nasti, les rôles d’Elena et Lila enfants troublent par la détermination et la maturité de jeu de si petites filles. Les deux jeunes actrices s’approprient entièrement leur rôle, le transcende même par la puissance de leur présence à l’écran. Elles émeuvent jusqu’aux larmes, passionnent dans leur combat pour aller à l’école, dans leur révolte contre un patriarcat abusif et misogyne qui leur refuse le droit à l’éducation. Et puis le temps passe. Elena (Margherita Mazzucco) et Lila (Gaia Girace) deviennent de belles jeune filles, mais l’environnement, lui, reste immobile, comme figé dans la chaleur ardente et la pauvreté. Les épisodes prennent alors une tournure étonnement moderne, avec des adolescentes précocement féministes, se soulevant contre mariages forcés, préjugés et harcèlement de rue. En plein mouvement #metoo, le récit en devient l’échos avant l’heure.

On pleure, on rit, on vibre, on danse, on est éblouit devant cette adaptation brillamment orchestrée par Saverio Costanzo. On assiste ici à une belle croisée des chemins où la littérature et le septième art converse à merveille.

Infos : 8×52 min disponible depuis le 13 décembre sur canal à la demande ou sur toutes les plateformes de téléchargements légales.

Visuel : ©Canal +

 

 

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