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Borgen, 10 ans après: Une excellente saison 4 de pouvoir sans gloire

Borgen, 10 ans après: Une excellente saison 4 de pouvoir sans gloire

21 juin 2022 | PAR Yaël Hirsch

Dix ans après, nous sommes émus de retrouver Brigitte Nyborg toujours au pouvoir en tant que ministre des Affaires étrangères… La 4e saison de Borgen nous replonge dans les arcanes du pouvoir au Danemark avec maestria. A ne pas manquer sur Netflix

Le Groenland, centre du monde

Pour lire notre chronique de la première saison, qu’on peut voir ou revoir sur netflix avec les trois suivantes, c’est ici.

Crise de la cinquantaine et crise diplomatique

C’est une femme qui est première ministre et pro de la com’ sur les réseaux, tandis que divorcée, Brigitte Nyborg (Sidse Babett Knudsen, merveilleuse) a tous ses jours et toutes ses nuits pour travailler. De son côté Katrine Fønsmark accepte de prendre la direction des infos de la première chaîne… Lorsqu’un gisement de pétrole est découvert au Groenland, la crise politique est à plusieurs tranchants: au niveau des idées c’est l’écologie (et les glaces du Groenland) contre l’indépendance de la colonie danoise; au niveau international, l’appât du gain provoque un grand gloubi-boulga alors que la Chine détient la compagnie pétrolière qui se propose d’exploiter et que la base de Thulé toute proche est le point de focale des Etats-Unis et de la Russie depuis la guerre froide… Comment la ministre des Affaires étrangères va-t-elle pouvoir avoir champ libre au Groenland et faire triompher le programme écologiste de son parti?

Des femmes aussi corrompues par le pouvoir que les hommes

Epuisée par la ménopause, très seule malgré les fonctionnaires bienveillants et la douceur de son jeune ambassadeur au Groenland, Brigitte Nyborg sue et prend le risque l’aquaplaning moral dans cette série où l’on montre à la fois qu’une fois au pouvoir les femmes sont aussi corruptibles que les hommes, mais qu’on leur pardonne beaucoup moins de choses. Sur fond époustouflant de paysages de glaces et de tableaux saisissants des bureaux du « Château », cette saison de Borgen est à la fois haute en couleurs et crépusculaire. C’est vif, c’est introduit par des petits phrases politiques choisies et c’est drôlement bien mené. En plus de donner envie de lire Knud Rasmussen, l’héritage familial est là et l’on regarde notre héroïne se débattre comme un beau diable pour faire de la politique comme elle l’entend. Le décryptage du rôle des médias, à part l’idée qu’ils sont court-circuités, est un peu plus faible que dans la série originelle, peut-être parce que le personnage clé de Kasper Juul n’est plus là et que Katrine Fønsmark vient incarner le burn-out de la femme à responsabilités … Néanmoins, les jeux d’image et de langage virevoltent et nous tiennent en haleine, quelque part entre Copenhague et Ilulissat.

Borgen, Le pouvoir et la gloire, de Adam Price, avec Sidse Babett Knudsen, Birgitte Hjort Sørensen,Mikkel Boe Følsgaard. Danemark, 2022, 8X52 minutes. Depuis le 2 juin sur Netflix.

visuel(c) Netflix

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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