Cinema

Séance de rattrapage: The Beaver de Jodie Foster, un grand film à ne pas manquer

Séance de rattrapage: The Beaver de Jodie Foster, un grand film à ne pas manquer

13 juin 2011 | PAR Gilles Herail

Sorti le 25 mai, The Beaver est l’occasion de retrouver un grand acteur qui s’était un peu perdu, Mel Gibson, troublant dans un rôle marquant, à la limite de la folie. Jodie Foster réalise un drame dur mais optimiste sur l’impact de la dépression dans la cellule familiale. A ne pas manquer.

Synopsis officiel: La vie de Walter n’est plus ce qu’elle était. Déprimé, vivant au ralenti, il s’éloigne de sa famille et de ses proches. Sa femme finit par le chasser de la maison pour le bien de leurs enfants. Touchant le fond, il s’accroche malgré lui à une marionnette de castor trouvée un soir par hasard. Par jeu ou par désespoir, il utilise cette marionnette pour extérioriser toutes les choses qu’il n’ose pas dire à sa famille et ses collègues. La marionnette devient alors comme une nouvelle personnalité, un nouveau Walter, plus positif et sûr de lui. Rapidement il reprend le contrôle de sa vie mais découvre peu à peu qu’il ne peut plus vivre sans son castor. Parviendra-t-il à se débarrasser de lui.

Drôle d’histoire que ce double castoresque. The Beaver possède pourtant la force du fabuleux court métrage Skhizein de Jérémy Clapin qui abordait un thème similaire, celui de la dépression et de la perte de son identité. Mel Gibson incarne sans fioritures cet homme dévasté, au bout du rouleau, qui va se reconstruire à travers cette pathétique marionnette qui lui permet de trouver une échappatoire à sa maladie. Jodie Foster ne filme pas simplement une idée insolite, dure à faire passer sur le papier. Elle s’intéresse au contraire à la folie latente, la schizophrénie dans laquelle s’installe progressivement Walter, avec une certaine violence.

En parallèle, la réalisatrice nous fait suivre le parcours du fils ainé qui tente de se construire dans une opposition permanente à l’image du père. D’apparence plus classique, cette sous intrigue est aussi bouleversante que l’histoire du castor grâce à un jeune acteur magnétique Anton Yelchin qui fait évoluer un personnage bien au delà des traditionnelles histoires d’adolescent paumé. Il trouve en Jennifer Lawrence une partenaire hors du commun (épatante dans le dernier Xmen actuellement en salles) qui sublime une rencontre qui aurait pu rester banale. Difficile de décrire la sincérité du film qui évite tous les travers vers lesquels son postulat saugrenu pouvaient l’amener. The Beaver est un grand film dont le spectateur ne sort pas indemne. Sans effet de manche, on croit instantanément à cette famille, ce père dépressif, cette mère à bout, ce fils qui se cherche. Le casting, l’écriture et la mise en scène ne font qu’un et le film est un vrai petit miracle. Refusant de tomber dans le mélo, The Beaver est drôle, attendrissant, violent, révoltant, bouleversant et finalement optimiste. Un film très fin, à la justesse rare.

Gilles Hérail

The Beaver, un drame américain de Jodie Foster avec Mel Gibson, Jodie Foster, Anton Yelchin, Jennifer Lawrence, sortie française le 25 mai 2011, 1h35

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Gilles Herail

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