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Robin Williams est mort hier soir : retour sur la carrière d’un monument du cinéma populaire américain

Robin Williams est mort hier soir : retour sur la carrière d’un monument du cinéma populaire américain

12 août 2014 | PAR Gilles Herail

Robin Williams est décédé mardi après-midi. Retour sur la carrière d’un acteur phare des années 90 et d’un visage qui fait désormais partie du patrimoine de la culture populaire américaine. Drôle et humain, Robin Williams s’était illustré dans de nombreux styles, tout en devenant une star incontournable des comédies familiales avec des films pour enfants qui ont marqué toute une génération. Hommage. 

La carrière de Robin Williams commence réellement en 1987 avec Good Morning Vietnam, comédie noire et pour adultes où il laissait déjà entrevoir tout son talent. La révélation au grand public arrive bien sur avec Le cercle des poètes disparus. Un film toujours aussi culte où son personnage de prof anti conformiste ouvrant l’esprit de ses élèves pour les faire grandir fait écho à un autre de ses grands succès, Good Will Hunting de Gus Van Sant. Une fois sa carrière lancée, Robin Williams va participer à quelques uns des plus grands succès de la comédie américaine tout au long des années 1990, dessinant des personnages cultes et imprimant sa bouille bizarre et ses pitreries dans des classiques multidiffusés.

C’est d’abord en Peter Pan adulte dans Hook de Steven Spielberg qu’il rafle tous les suffrages dans un film très cartoonesque. L’univers du conte lui va bien et son interprétation (vocale) de l’exubérant et déjanté génie d’Aladin lui attire les faveurs d’un public enfantin qui en fait son choucou. En 1993, arrive Madame Doubtfire. Un film qui aurait pu souffrir de la comparaison avec Tootsie de Dustin Hoffman mais s’en éloigne. Ce père qui se déguise en femme pour pouvoir approcher ses enfants et devient une forme de Mary Poppins (travestie) a fait rire et a ému le public mondial. Robin Williams devient alors la star la plus populaire du moment et peut se permettre n’importe quoi. Il reste pourtant dans l’univers du film familial, notamment avec Jumanji, un des maitres étalons (avec The Mask) de la comédie fantastique des années 1990.

Tournant dans les remakes de deux films français, mois et Birdcage, Robin Williams se fait ensuite plus discret en cherchant à réorienter sa carrière dans d’autres directions. On le retrouvera alors dans Hamlet, Harry dans tous ses états ou encore Intelligence Artificielle. Pendant les années 2000, Robin Williams aura l’occasion de montrer un nouveau visage dans deux excellents films, injustement oubliés. C’est d’abord dans Insomnia qu’il incarne un tueur, calculateur, joueur qui tente de faire chanter Al Pacino. L’excellent film de Christopher Nolan utilise à merveille l’acteur qui inspire naturellement la bonhomie et la tendresse pour l’emmener vers des zones beaucoup plus noires. Cette noirceur explose aussi dans une des meilleures comédies indépendantes américaines de ces dernières années. World’s Greatest Dad dont on vous avait déjà parlé ici et qui n’est jamais sorti en France. Une farce sombre, profondément politiquement incorrecte où Robin Williams donne à voir le penchant réaliste et trash de Mme Dobtfire. Père célibataire tentant d’élever correctement son ado mal dégourdi obnubilé par les attributs féminins, il va se retrouver entraîné dans un tourbillon d’événements qui permettra au film de dézinguer beaucoup de l’American Way of Life.

Robin Williams n’a pas eu la carrière la plus prolifique, commençant sur le tard et enchaînant parfois des comédies sans grand intérêt, notamment dans les années 2000. Mais il a su marquer en trouvant une véritable communion avec les spectateurs, notamment enfants et ados dans des films qui résisteront au temps. Un enfant des années 1990 vous parlera avec émotion de Jumanji, de Mme Doubtfire, de Hook ou de Flubber. Un ado des mêmes années partagera l’inspiration ressentie devant Le cercle des poêtes disparus et Will Hunting. Robin Williams était un acteur populaire avec un véritable lien avec le public comme Eddie Murphy ou Whoopi Goldberg. Et tous ses classiques lui survivront, lors d’une après-midi pluvieuse de jour férié ou de vacances de Noel, où l’on prendra plaisir à redécouvrir une fois de plus ces films que l’on a pourtant déjà regardés des dizaines de fois.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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