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Cannes 2019, Rêve de jeunesse de Alain Raoust ouvre le bal de l’ACID 2019

Cannes 2019, Rêve de jeunesse de Alain Raoust ouvre le bal de l’ACID 2019

16 mai 2019 | PAR Lou Baudillon

Rêve de jeunesse, réalisé par Alain Raoust, ouvre la sélection ACID du festival de Cannes 2019 et nous transporte dans l’été de Salomé, qui se trouve prise entre les effluves soudaines de son passé et les questionnements sur son avenir.

 

L’été, sa chaleur, ses jobs insignifiants à la campagne, avec cette envie d’autre chose qui prend au corps, cette envie de vivre, voire de ne pas grandir. C’est durant ce mois d’août que Salomé, qui accepte un petit boulot dans le village du sud de la France où elle a vécu plus jeune, se rend compte qu’elle n’aura aucun logement et décide d’établir un campement de secours dans la déchetterie où elle travaille, avec les affaires de l’ancien occupant des lieux. Peu après son arrivée, elle fait la rencontre de Jessica, rescapée d’un jeu de survie de télé-réalité. Sous le soleil de plomb et le chant des cigales, les deux jeunes femmes s’appréhendent doucement mais, lorsqu’elles décident de sortir un soir, Salomé se retrouve confrontée à un passé rebelle qu’elle semblait avoir oublié.

Sur fond de combat politique idéaliste, Rêve de jeunesse questionne les écarts entre rêve et réalité, entre lutte et possibilité de vivre ensemble. Comment grandir sans se trahir, comment évoluer dans un monde qui déçoit et enferme ? Comment penser de nouvelles façons de vivre à une échelle infime et personnelle ? Planant au-dessus du film, le contexte des  mouvements contestataires de Notre-Dame-des-Landes ouvre la brèche des interrogations liées aux utopies, aux extrêmes de celles-ci, ainsi qu’à leurs disparitions. Salomé se confronte, dans cet espace solitaire et aride aux allures « western », à sa propre quête de sens, dépassant la réflexion politique. Le retrait, le retour au travail manuel et à la nature, les liens qui se tissent entraînent l’héroïne vers une nouvelle identité, retrouvée par la remise en question du monde.

Le poétique de faire survivre l’enfant qui est encore en nous, de s’étonner du monde, d’en comprendre les messages et de danser tout ce qu’on peut, est racontée avec une mélancolie colorée par Alain Raoust qui donne à son film une identité parfois naïve mais malgré tout affirmée. Le vrai combat politique est-il à faire par l’engagement activiste ou n’est-il pas finalement dans le fait de vivre sa vie en étant fidèle à soi-même, en passant le relais de la conscience à l’autre par le dialogue et l’affection ?

 

 

Visuels : ©Shellac films

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Lou Baudillon

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