Cinema
Restauration d’un documentaire d’Alfred Hitchcock sur les camps nazis

Restauration d’un documentaire d’Alfred Hitchcock sur les camps nazis

13 janvier 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Déposé en 1945 à l’Imperial War Museum de Londres, très peu montré par la suite, ce film fait aujourd’hui l’objet d’un travail de restauration minutieux.

HitchcockEn 1945, Alfred Hitchcock, alors réalisateur à Hollywood, est engagé en Grande-Bretagne pour superviser le montage d’un film consacré à la libération des camps nazis, composé d’images filmées sur les lieux par les opérateurs de prise de vue de l’armée. Celle-ci produit et désire que le film soit montré en Allemagne. La politique de réconciliation change ses projets : le film n’est pas rendu public, et se trouve déposé à l’Imperial War Museum de Londres. Découvert et partiellement exhibé en 1984, il fait aujourd’hui l’objet d’une restauration par le musée. Il sera projeté en 2015, à l’occasion de la commémoration de la libération des camps.

D’abord titré « Memory of the camps », actuellement sans titre, commenté à l’époque par deux voix-off –avec un texte écrit par Richard Crossman, ministre travailliste britannique, et Colin Wills, journaliste australien- impossible de savoir à quoi il ressemblera lors des projections. Il présente, selon les chercheurs de l’Imperial War Museum dont les propos sont relayés par la presse, des images choquantes. La réalité a été filmée crûment par les opérateurs, notamment lors de la libération du camp de Bergen-Belsen, où sévissait un terrible typhus. Ce que les chercheurs rapportent également, c’est qu’Hitchcock, on s’en doute, fut choqué par ces images. La restauration s’attache donc à « ses choix », et ceux qui travaillent sur le projet parlent d’un film « affreux et brillant ». Même s’il ne s’occupa que du montage, on doit donc s’attendre à se trouver face à un film marqué à la fois par sa personnalité d’homme et de cinéaste. Quelque chose de fort, assurément.

Visuel: (c) profil d’Alfred Hitchcock

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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