Cinema

Rencontre avec Eytan Fox au Forum des images

08 novembre 2009 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Du 4 novembre au 6 décembre, le Forum des images lance son nouveau programme : « Tel-Aviv, le paradoxe ». 80 films, dont la moitié est encore inédite en France, seront à découvrir. Des rencontres ainsi que des débats en présence des cinéastes comme Amos Gitaï, Ronit Elkabetz, Eytan Fox et Keren Yedaya seront organisées tout au long de ces cinq semaines. Tables rondes, concert (Boom Pam) et installations vidéos seront également organisées pour tenter de saisir l’exception de Tel Aviv, la vile la plus occidentale et la plus libre du Moyen Orient.

Pour ce premier weekend du festival, l’invité était le cinéaste gay Eytan Fox.

Suite à une commande pour la télé israélienne sur le thème de l’amour, Eytan Fox a réalisé un court métrage en 1997 , « Gotta Have Heart » (Ba’al Ba’al  au ton est faussement léger. La « Fille A Pédé » est la meilleure amie d’un garçon gay qui lui promet de lui faire un enfant si à 35 ans elle n’a pas trouvé de mari ( Ba’al en hébreu). Le garçon tombe amoureux du garçon brun pendant qu’un autre garçon blond collectionne les disques de l’eurovision en rêvant du meilleur ami de la fille…vous suivez ?

Au milieu d’une ambiance kitsch-guimauve hilarante, Eytan Fox remet la difficulté d’être homosexuel au centre de la société. « Fais-toi à l’idée que tu n’auras pas d’enfant et que tu vieilliras seul » dit le meilleur ami de la fille au garçon blond fondu de ces danses israéliennes que les enfants apprennent dès l’école.

Le court est suivi du premier long métrage d’Eytan Fox, nominé en 2003 au festival de Berlin, Yossi and Jagger, qui raconte l’histoire d’un commandant de Tsahal amoureux de son officier. Leur amour est mis à l’épreuve par la réalité de la guerre et les préjugés de l’armée. Yossi and Jagger est un coup de poing, un éloge de l’amour et une dénonciation sans faille de deux violences : la guerre et la difficulté de se cacher au monde lorsqu’on est homosexuel.

L’opposition joie/tristesse, mort/vie est au cœur du travail d’Eytan Fox qui nous donne à voir à chaque film un aspect de la société israélienne par le prisme gay. Son travail est sensible, drôle et triste, à l’image de celui qui , lunettes fashion et grand sourire, a gentiment accepté de répondre à quelques questions à l’issue de la séance.

Comment le film Yossi and Jagger a été perçu à sa sortie, en pleine Intifada ?

« Extrêmement bien, la société israélienne était excédée des histoires à l’eau de rose sur la guerre, élogieuses envers l’armée. Il était temps de dénoncer et la société était, je crois,prête à voir une histoire d’amour gay. »

Pourquoi avoir situé cette histoire d’amour au sein de l’armée ?

« Parce que cette histoire est vraie et qu’elle m’avait beaucoup touché. J’ai un ami, Miki, qui est tombé amoureux d’un garçon. Un français qui avait fait son Alya pour intégrer Tsahal. Il est mort au Liban en 1982, alors qu’il avait sans doute fait le choix d’immigrer pour assumer sa double identité, être juif et gay. »

eytan-fox-photo exclusive

« Tel-Aviv, le paradoxe » au Forum des images, du 4 novembre au 6 décembre, Tarifs : 5 euros la place de cinéma, de 13 à 16 euros pour le concert Boom Pam, entrée libre pour les tables rondes.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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