Cinema

Pure, un premier film poignant de Lisa Langseth

26 septembre 2011 | PAR Coline Crance

« Pure » est un premier film de la cinéaste Lisa Langseth. Il est tiré de sa propre pièce de théâtre, intitulé  » Den älskade » ( L’Aimé) dont la comédienne principale était à l’époque Noomi Rapace qui n’était pas encore la vedette de la trilogie Millenium. « Pure » dont le titre original est  » Till det som är vackert » est un premier film saisissant sur la domination culturelle et sociale et les luttes de pouvoirs.

Vivant dans une banlieue difficile de Göteborg, Katarina vingt ans n’a jamais réussi à garder longtemps un travail. Un jour, elle découvre le Requiem de Mozart et devient passionnée de musique classique. Dans le but d’atteindre cette beauté  » pure » et de se recréer une identité, Katarina trouve un emploi de réceptionniste dans une salle de concert. Ce nouveau monde s’avère empreint de codes et de luttes de pouvoir qu’elle ne pouvait soupçonner.

Lisa Langseth livre un film d’une grande intensité porté par une actrice de choix et extrêmement prometteuse, Alicia Vikander. Le visage fermé, impassible, l’actrice emporte le spectateur dans le désarroi de sa colère et de ses passions. Prête à tout pour réussir, elle se joue d’elle-même pour mieux parvenir à ses fins. Tombée sur le charme du chef d’orchestre, Adam qui lui apporte enfin l’émulation intellectuelle qu’elle attendait depuis longtemps. Elle ira alors jusqu’au bout d’elle-même et de ses propres sentiments. Jamais résignée, toujours prompte à détruire tous les obstacles qu’elle rencontre, elle sera prête à aller jusqu’au meurtre pour assouvir son désir de pureté qu’elle trouve dans la musique et son besoin de reconnaissance sociale. Dans ce huis-clois saisissant mais profondément triste, Lisa Langseth filme avec finesse ce duel et ce faux rapport de domination qu’entretiennent les deux amants. L’impulsivité et la passion auront raison des positions sociales et du mépris. La mort rôde et reste implacable. Le film rythmé par le Requiem de Mozart, séduit le spectateur par sa touche d’immoralité et ce délire des confusions de sentiments. Les barrières sociales et sentimentales volent en éclat. Seul moment de repos, et très belle scène du film, est ce dernier sursaut de lucidé où Katarina essaie désespérement de se raccrocher à son seul et unique véritablement amour en dormant dans les bras de cette mère rejettée, alcoolique et hospitalisée pour chercher le dernier confort d’un amour simple mais perdu. Lisa Langseth signe un premier film d’une étrange finesse et porté par un désir d’absolu violent et poignant.

 

 

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Coline Crance

One thought on “Pure, un premier film poignant de Lisa Langseth”

Commentaire(s)

  • AMOR MAGALI

    Bonjour mais ou peut-on trouver le détail de la musique du film PURE ?
    Merci

    octobre 4, 2011 at 19 h 18 min

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