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Play Off d’Eran Riklis, le retour en Allemagne d’un entraîneur de basket israélien

Play Off d’Eran Riklis, le retour en Allemagne d’un entraîneur de basket israélien

04 juin 2012 | PAR Yaël Hirsch

Pour son nouveau film, le réalisateur de « La fiancée Syrienne », des « Citronniers » et du « Directeur des ressources humaines » s’est inspiré de l’histoire vraie de l’entraîneur de basket israélien d’origine allemande Ralph Klein (1931-2008). Le retour en Allemagne de ce dernier dans les années 1980 avait provoqué un tollé. Passage du Moyen-Orient à la froide Ruhr encore suturée et séparée de l’est pour Eran Riklis, qui signe un film minutieux de reconstitution historique qui aurait pu être un chef d’œuvre.

Le film démarre à l’arrivée de  Klein (rebaptisé Max Stoller, on ne sait pas pourquoi et interprété par le formidable Danny Hurt) en Allemagne. Le quinquagénaire fumeur à la chaîne est parqué dans un bel hôtel qui fleure bon le Wirtschaftswunder, il part chaque matin entraîner une équipe de blondinets un peu rétifs tandis qu’à la maison, en Israël, le téléphone ne répond plus. La télé allemande tente de percer à jour les motivations du « retour » en Allemagne du sportif qui en a été chassé et qui y a perdu son père, 40 ans auparavant… A l’occasion d’un reportage, il retourne sur les lieux de son enfance et découvre qu’une famille turque a emménagé dans son ancien appartement vieilli et pauvre. Plutôt qu’une famille entière, il s ‘agit d’une femme, Deniz (Amira Casar, convaincante) et de sa fille, à le recherche de leur mari et père perdu. Les quêtes identitaires de Max et de Deniz entrent en résonance.

La première demi-heure du film est un long trait de génie : cadrage parfait, intrigue originale et scénario parfait, personnage principal terriblement touchant, acteurs absolument formidables, reconstitution historique bluffante. On rit, on a le cœur qui se serre et l’on tombe entièrement sous le charme de Danny Hurt. Puis la formule se délaie un peu, le rythme se met à trainer, le scénario embarrasse de détails inutiles, explicite certains fantômes à la serpe et quelques dialogues sonnent faux. Presque rien ne change et pourtant c’est assez pour que le film batte de l’aile. Certes, il se regarde avec plaisir jusqu’au bout, mais l’on souffre presque de sortir d’une jolie séance alors que tout était en place pour ouvrir sur un chef d’œuvre.

Play Off d’Eran Riklis, avec Danny Huston, Amira Casar, Max Riemlet, Selen Savas, Israël, 2011, 147 min, sortie le 4 juillet 2012.

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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