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Paris International Fantastic Film Festival au Gaumont Opéra : 1er jour

Paris International Fantastic Film Festival au Gaumont Opéra : 1er jour

18 novembre 2012 | PAR Olivier Handelsman

Le Gaumont Opéra accueille du 16 au 25 novembre la deuxième édition du Paris International Fantastic Film Festival, avec une programmation aussi terrifiante que fascinante. Retour sur l’ouverture de ce florilège non-subventionné de perles du cinéma fantastiques.

Une file d’attente imposante, une ambiance agréable, et une salle presque comble. La présentation du festival, avec les personnages-clés de sa fondation (Gérard Cohen et Fausto Fasulo de Mad Movies, Cyril Despontin d’Hallucinations Collectives…) suscite un tonnerre d’acclamations, tout particulièrement à l’annonce des sponsors et des différentes luttes du PIFFF depuis sa création.

Afin de donner à ce genre méconnu du grand public (à part pour ses représentants les plus caricaturaux, ou dans le cadre du film d’horreur) ses lettres de noblesse, le PIFFF présente en exclusivité des grands classiques (comme la nuit Clive Barker, Quatre Mouches de Velours Gris de Dario Argento, ou Bad Taste de Peter Jackson ci-contre), ou bien des nouveautés dont les droits n’ont pas encore été acquis en France. C’est le cas de John Dies at the End, de Don Coscarelli (2012), film projeté en ouverture du PIFFF.

Après un générique d’une rare qualité, évoquant ceux des James Bond, Mission Impossible ou de Fight Club, le film s’ouvre sur la décapitation brutale à la hache d’un énorme hooligan par le héros, David Wong (Chase Williamson dans le rôle du personnage principal, qui est aussi l’auteur du livre à l’origine du film). Allongé sur la neige, une balle dans le corps, le néo-nazi a l’air inoffensif, mais David SAIT qu’il doit le transformer en charpie pour l’empêcher de revenir. David vit dans le même monde que nous, mais depuis une certaine soirée où son ami John (Rob Mayes) est passé à deux doigts de la mort, et à la suite de la découverte d’une mystérieuse drogue noire nommée « sauce soja », il a pris conscience de l’existence de monstres, de dimensions parallèles et d’incursions surnaturelles dans la nôtre.

Il forme désormais avec John une équipe de chasseurs de monstres (dans l’esprit de Ghostbusters), épaulés de loin par le mystérieux Dr. Marconi (Clancy Brown, qui a joué le Kurgan d’Highlander, et a fourni la voix de Raiden dans Mortal Kombat et de M. Krabs dans Bob l’Eponge), un voyant hypermédiatisé de la télévision à l’américaine (qui n’est pas un charlatan contre toute apparence), et a gardé les pouvoirs de clairvoyance et de quasi-omniscience qui lui ont été conférés par la sauce soja. Un journaliste, Arnie Blondestone (Paul Giamatti), décide de l’interviewer, poussé par la curiosité et l’incrédulité face à une quelconque explication surnaturelle des mystérieuses morts et disparitions ayant eu lieu pendant les derniers mois.

Plus drôle qu’une simple comédie, très porté sur la violence gratuite, les apparitions injustifiées et les effusions de liquides purulents, John Dies at the End est construit dans un ordre déconcertant, défiant le spectateur de le suivre à travers les différents mondes physiques et états psychologiques que vivent ses personnages. La réalisation en est très soignée, à l’exception de certains effets spéciaux assez amateurs (mais cela reste marginal : ils sont majoritairement à couper le souffle). Un film d’émotions, de découvertes, de trahisons, de cruauté et de hot-dogs, dans un cadre spatio-temporel complètement bouleversé, à voir et à revoir.

Précédant ce bijou du cinéma fantastique, un court-métrage de Tom Van Avermaet a été présenté au public. Dood van een schaduw (Mort d’une Ombre, en néerlandais), raconte l’histoire de Nathan Rijckx (Matthias Schoenaerts), un photographe d’ombres. Fusillé lors de la Première Guerre Mondiale par les Allemands, une seconde chance lui est donnée : revenant errant dans les rues de Champagne, pouvant identifier et capturer sur sa pellicule surnaturelle le décès de chaque personne, il doit fournir dix mille clichés au Collectionneur (Peter van den Eeede), en échange de sa résurrection. Son employeur est le propriétaire d’un purgatoire contenu dans une église, où sont exposées sur des toiles les photos d’ombres de personnes prises au moment de leur mort. Mais alors que le rachat de son âme touche à sa fin, le souvenir de Sarah Winters (Laura Verlinden), dont Nathan est tombé amoureux juste avant de mourir, le pousse à changer le cours du temps…

Tendre, triste, inquiétant et entraînant à la fois, ce court-métrage augure d’une programmation de qualité. Samedi, le PIFFF passait Here Comes the Devil, the ABCs of Death, Stitches (en compétition pour le prix du festival) et le montage de bandes-annonces Trailer War. La suite au prochain épisode.

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Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

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