Cinema

Palmarès de la Berlinale : l’Ours d’or au « Taxi » de Panahi, les grands maîtres écartés

Palmarès de la Berlinale : l’Ours d’or au « Taxi » de Panahi, les grands maîtres écartés

15 février 2015 | PAR Yaël Hirsch

Alors que ni Herzog, ni Malick, ni Greenaway, ni Wenders n’ont eu de prix, le jury présidé par Darren Aronofsky a fait un choix très politique (et donc très berlinois pour l’Ours) d’Or avec le Taxi du réalisateur Jafar Panahi, condamné à rester en Iran 20 ans.

Cet Ours d’or est une bonne nouvelle puisque, ours aidant, nous pourrons certainement voir sur les écrans cette suite de sketchs drôles et brillants où le réalisateur fait le taxi et l’oreille attentive à Téhéran (voir notre article). C’est un peu aussi un prix à la joie de vivre, ce Taxi faisant vraiment figure de renaissance après le dernier opus grave et claustrophobique du cinéaste, Pardé, également présenté en compétition à la Berlinale en 2013. D’un autre côté 7ème art, dans nos souhaits et nos pronostics (voir notre article) nous aurions bien aimé voir le chilien Pablo Larrain gagner la suprême récompense pour son film léché et audacieux El Club. On se console : il est Ours d’argent (voir notre article).

Pour ce qui est de nouvelles perspectives, le Guatemala et le social l’emportent avec le très beau Ixcanul de Jayro Bustamante, Ours d’argent/prix Alfred Bauer (Voir notre article).

Deux est-européens, la polonaise Magorzata Szumowska (Body) et le roumain Radu Jude (Aferim!) raflent ex-aequo l’Ours du réalisateur pour deux films aux antipodes : la chronique intimiste léchée et la légende picaresque en noir & blanc.

La mise en scène et la psychologie fine de Andrew Haigh dans sa mise en scène d’un couple de 45 ans, a permis à Charlotte Rampling et Tom Courteney, les deux héros du film, de remporter les deux ours d’interprétation.

L’ours du scénario est allé au très joli documentaire El Boton de nacar de Patricio Guzman.

Enfin côté caméra le jury a salué d’un Ours la détermination de Sturla Brandth Grøvlen pour son unique plan-séquence du film Victoria, ainsi que Evgeniy Privin et Sergey Mikhalchuk pour les images du magnifique Under the electric clouds de Alexei German (voir notre article).

Un palmarès un peu sage donc, résolument axé sur le social et le politique où les maîtres ont été écartés, mais pas forcément au profit des propositions visuelles les plus originales.

visuel officiel et affiche (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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