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Ouverture de Deauville Saison 2 : place aux séries au Festival du Cinéma Américain de Deauville

Ouverture de Deauville Saison 2 : place aux séries au Festival du Cinéma Américain de Deauville

04 septembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

La deuxième journée au Festival du film Américain de Deauville a été marquée par la conversation de l’invité d’honneur, Francis Ford Coppola, les conférences de presse de Michael Shannon, à l’affiche de deux films en compétition (Return, de Liza Johnson et Take Shelter de Jeff Nichols, la sympathique projection du film de vampires en 3D « Fright night », de Craig Gillepsie, la remise en leur absence des prix nouvel Hollywood aux comédiens Jessica Chastain (Tree of Life, Take Shelter) et Ryan Gosling (Drive, projeté en grande pompe et en soirée au CID). Enfin, Deauville Saison 2 a accueilli Shawn Ryan (The Chicago Code), Graham Yost (Justified) et Tom Fontana (Borgia) pour quelques mots comparant séries et films. Les deux premiers épisodes de « Borgia » de Tom Fontana ont été diffusés à 23h pour les festivaliers les plus férus de l’Italie du 15 e siècle.

Tout le week-end, la foule s’est pressée devant le CID, le casino et l’hôtel Normandy (voir photo) pour tenter d’apercevoir les stars d’Hollywood en villégiature normande.

Michael Shannon (à droite)

Aujourd’hui, lors de la conférence de presse qui a suivi la projection de « Take Shelter »(voir notre critique), Michael Shannon divinement habillé en complet gris a commenté son travail avec le talentueux Jeff Nichols, à qui l’on doit déjà le sublime « Shotgun Stories » (2007). Son personnage dans le film est un père de famille qui se met soudainement à faire d’affreux cauchemars de tonnerre et de pluie huileuse qui rend les gens agressifs. Dans ces rêves qui l’épuise et dont il garde une sensation physique, il tente désespérément de défendre sa petite fille Hannah. Le stress induit par ces visions le conduit aux bords de la folie. Ayant déjà campé un père de famille borderline dans « Bug » de William Friedkin, d’après la pièce géniale de Tracy Letts, Shannon a expliqué à quel point son rôle était difficile car presque sans dialogue, tout en physique. Une expression corporelle qu’il ne fallait pas outrer. Il a par ailleurs insisté sur le fait que cette folie n’a rien à voir avec un portrait général des États-Unis en crise, le pays étant trop grand et multiple pour tenir dans un seul rôle, mais qu’il s’agissait pour le réalisateur, Jeff Nichols, d’un film très intime. Ce dernier étant sur le point de se marier aurait condensé dans « Take Shelter » ses angoisses de ne pas être à la hauteur de la paternité.

A 17h30, deux jeunes acteurs de « Fright night » (voir notre critique) sont montés sur la scène du CID pour parler des grosses caméras du tournage en 3D et pour demander à tous les spectateurs de chausser leurs lunettes pour rire et avoir peur devant une loufoque poursuite de vampires à Las Vegas.

A 20h30, le CID était plein à craquer pour entendre le discours en français et via vidéo interposée de la jolie Jessica Chastain, qui n’a pu rester pour cause de tournage. De même, le lauréat masculin du prix nouvel Hollywood, Ryan Gosling a fait lire son discours long et plein d’esprit où il était question de videurs deauvillais lui ayant demandé de ne plus remettre les pieds en Normandie, et de Sir Ben Kingsley.

 

Nicolas Winding Refn

Celui qui a lu ce discours, n’était autre que le plus hollywoodien des réalisateurs danois, prix de la mise en scène à Cannes pour « Drive », Nicolas Winding Refn. Aussi spirituel que l’acteur de son film, Nicolas Winding Refn a comparé l’Europe à une femme fidèle et Hollywood a une call girl de haut vol… Le public a retenu son souffle pedant les 1h30 de la projection de Drive (voir notre critique), avant d’entendre Shawn Ryan (The Chicago Code), Graham Yost (Justified) et Tom Fontana (Borgia) parler de l’art de faire des séries dans le cadre de l’ouverture de Deauville Saison 2. En cette fin de samedi soir, le Festival du Film Américain de Deauville a transplanté ses spectateurs dans la Rome du XVe siècle, avec diffusion en avant-première de deux épisodes des « Borgia ». Une série déjà signée dans 45 pays et qu’on ne peut que comparer aux « Tudors » de par ses jolis costumes, jolis acteurs, jolies scènes de lits, joli complots politico-historiques, et dialogues kitchouilles en anglais mâtiné de latin. Après tant de drapés, de batailles fougueuses et de couleurs italiennes, le brouillard deauvillais et l’air frais sont tombés comme un baume apaisant d’avant la nuit sur les festivaliers mis en appétit de toiles pour encore une semaine…

Prochain épisode demain, avec notamment, la masterclass de Shirley MacLaine, une virée du côté des esquimaux, avec « On the ice » de Andrew Okpeaha Maclean, et le beau jason bates à l’affiche d »‘échange standard » de David Dobkin.

Plongez dans Le dos crawlé d’Eric Fottorino
Take Shelter, un deuxième long-métrage familial et apocalyptique pour Jeff Nichols
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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