Cinema
Offseason et son île maudite peu convaincante, à l’Étrange Festival 2021

Offseason et son île maudite peu convaincante, à l’Étrange Festival 2021

30 septembre 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Présenté en Compétition pour le Grand Prix Nouveau genre, ce film fantastique se voulant déroutant et inquiétant s’est avéré très bancal techniquement.

Dans Offseason, tout commence par une visite sur une île isolée, coupée de toute côte à proximité hors-saison : une jeune femme vient y constater les dégâts subis par la tombe de sa mère, vandalisée. L’arrivée en ces lieux mystérieux est cadrée par le réalisateur Mickey Keating en des plans aériens convaincants, qui baignent dans une photo sombre plutôt esthétique. Les éléments nécessaires pour composer un climat oppressant et menaçant sont donc présents. L’ennui, c’est qu’il va manquer au film les appuis pour décoller.

Si la réalisation est ici tenue, et cherche à atteindre au bizarre et au troublant, on ne peut guère en dire autant du jeu incertain de l’actrice principale, Jocelin Donahue, souvent assez en surface lorsqu’elle n’est pas tout simplement fausse, dans ses scènes. Ceux qui l’entourent, Joe Swanberg ou Jeremy Gardner, par exemple, font ce qu’ils peuvent, mais n’élèvent pas extrêmement le niveau. C’est qu’au final, le scénario de ce film à la durée heureusement courte apparaît très filandreux et fumeux. Les péripéties voient s’intercaler entre elles de longues phases sensées angoisser, mais recourant à des ficelles bien trop éculées. Et les séquences sensées dévoiler un peu de mythologie restent, elles, bien peu claires et peu originales.

Artificiel côté thèmes de fond et intérêt, à la différence de bien d’autres films sélectionnés au Festival en 2021, Offseason a donc au final bien peu de chances de sortir dans les salles françaises. On peut remercier l’Étrange Festival et les salles de projection du Forum des images, à Paris, de lui avoir donné une chance et des occasions d’être projeté, en Compétition pour le Grand Prix Nouveau genre sans que beaucoup d’applaudissements viennent le saluer.

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Visuel : © Defiant Studios

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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