Cinema

No pasaran : une comédie régionaliste savoureuse

02 septembre 2009 | PAR Pauline

L’humour régionaliste est à la mode, dans ce « sud ouestern à la graisse de canard », une farce potache écoloruralopolitique met en scène des personnages hauts en couleur sans échapper aux clichés.

Maxence Lafourcade élève des cochons au fin fond des Pyrénées. Entouré de ses bêtes, il vit seul avec sa mémé aphasique dont la conversation se résume à un seul mot : « gaillard ! », qui ponctue régulièrement le film à la manière d’un absurde comique de répétition.

Sa vie paisible bascule lorsqu’il apprend que, pour désenclaver la vallée et gagner quelques minutes pour rejoindre l’Espagne, une nouvelle autoroute traversera ses terres, sa ferme et sa chambre. Pour empêcher cette catastrophe, une seule solution : demander de l’aide à l’Américain (un Murray Head à mi-chemin entre robin des bois et l’avocat vénal qui offre son aide pour le plaisir de plaider une cause perdue d’avance mais prévoit de vendre le plus tôt possible) célèbre avocat installé dans la plus belle maison du coin.

rossy-de-palma-no-pasaranDans sa lutte sans merci contre un député-maire véreux, le fermier est rejoint par toute une brochette de combattants stéréotypés aussi excentriques qu’hilarants. Il y a d’abord Fabrice, champion de l’équipe de rugby locale grand cœur un peu benêt, qui veut faire survivre l’esprit rugby propre au sud-ouest coûte que coûte, Inès ( Rossy de Palma aux allures de résistante jouissive) écoterroriste révoltée contre les « autoroutes, les trains, lesvoitures » bref la civilisation et enfin Bouzigue (Bernard Blancan) le cousin de Maxence concessionnaire auto, bras cassé qui roule en 4X4, écoute du Beyoncé à longueur de journée et surtout refuse de voir une nouvelle station service s’installer à quelques minutes de la sienne.

Mais la révolution viendra sous la forme de Scarlet, fille de l’avocat, artiste complètement loufoque passionnée par les animaux en décomposition, aux tenues toutes plus extravagantes les unes que les autres qui bouleverse la vie de Maxence : elle lui enseigne« l’art », il lui apprend l’humanité.

La réussite de cette comédie burlesque tient résolument à ses personnages dignes d’une comédie à l’italienne. Si elle ne résiste pas aux clichés, l’enclavement des zones rurales envahies par les bobos qui deviennent des paysages pour touristes en manque de vert, la rigidité des normes d’hygiènes qui remettent en question la qualité de fabrication des jambons sont plus des constats que des dénonciations. Peut-être trop stéréotypé, trop antipolitique, trop simpliste pour certains, No pasaran reste une comédie qui réussit son pari : nous faire rire – ou sourire – pendant une heure et demi.

No pasaran, de Martin et Caussé avec Cyril Lecomte, Elodie Navarre, Bernard Blancan, Murray Head et Rossy de Palma, 1h28, sortie nationale le 2 septembre.

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Pauline

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