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Mort d’Alain Tanner, grande figure du nouveau cinéma suisse

Mort d’Alain Tanner, grande figure du nouveau cinéma suisse

15 septembre 2022 | PAR Adam Defalvard

Deux jours avant Jean-Luc Godard, c’était un autre réalisateur suisse qui nous quittait. Alain Tanner avait 92 ans, et il laisse derrière lui un héritage de cinéma passionnant et passionné.

Du cinéma, toujours plus de cinéma

Alain Tanner commence par étudier l’économie dans les années 50, pourtant pendant ces années étudiantes le cinéma est déjà là. En 1951, il créé avec Claude Goretta le Ciné-club universitaire de Genève. Ce ciné-club très célèbre est toujours debout aujourd’hui et continue de proposer des programmations cycliques aux étudiants pour qu’ils puissent découvrir des chef-d’œuvres du 7ème art.

Alain Tanner se passionne pour le cinéma et trouve un travail à la British Film Institute de Londres. En 1957, il réalise son premier film avec Claude Goretta : Picadilly la nuit (Nice Time). Un court-métrage documentaire expérimental montrant la fièvre du samedi soir dans le quartier de Picadilly Circus. Dans ce court-métrage qui opère comme une prise d’ambiance, la caméra capte tout ce qu’elle peut de l’effervescence sensorielle du quartier. 

Liberté et contestation

Alain Tanner réalise son premier long-métrage en 1969, Charles mort ou vif, film sur un patron bourgeois qui abandonne son identité pour une vie de bohème sur les routes avec un couple rencontré dans un bar. Un film fougueux teinté d’un humour mélancolique. Le voyage restera un thème majeur dans les films de Tanner et sera souvent l’élément déclencheur du scénario. 

Le cinéaste rencontre le grand succès auprès du public avec son film La Salamandre (1971). Le film connaît un tel succès qu’il reste un an à l’affiche à Paris au cinéma Saint-André-des-arts. L’actrice Bulle Ogier y incarne un personnage féminin insolent et insaisissable, prise entre deux journalistes enquêtant sur elle pour en faire un scénario. C’est à ce jour le plus gros succès du cinéma suisse à l’étranger. 

Alain Tanner reste un contestataire. Il s’insurge contre la télévision et les manières de filmer modernes, dénonçant une caméra qui ne sait plus où regarder, la « caméra imbécile ». Ce contre-courant avec son époque, il l’assumait et affirmait : « Je ne suis plus synchrone du tout. […] Mais compte tenu de l’air du temps, je trouve cela plutôt réjouissant. Serais-je synchrone aujourd’hui que je vivrais cela comme une trahison. » 

Alain Tanner laisse derrière lui un cinéma vif, mais certainement pas mort.

Visuel : ©Erling Mandelmann – CreativeCommons – Wikicommons.

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