Cinema

Mémoire familiale, un cycle de documentaires à ne pas manquer au MAHJ

15 janvier 2011 | PAR Yaël Hirsch

En huit séances pour 12 films, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme présente du 6 au 8 février la quatrième édition d’un cycle entre documentaire et fiction. « Mémoires familiales » retrace les histoires familiales de juifs venus de Belgique, d’Angleterre, de Belgique, d’Ukraine, d’Israël et de France. Dans cette sélection, ne manquez pas deux épisodes « The Way Home », de Tomer Heyman qui a été une série à succès sur la chaine Yes Doco, en Israël.

Sur une superbe musique de Hadara Levin Arredy (voir vidéo et encore mieux en Allemand) , « The Way home » filme au jour le jour la liaison d’un réalisateur israélien et de son petit ami allemand, rencontré lors du festival de Berlin. Un documentaire impudique et superbe, diffusé en 8 épisodes à la télévision israélienne (prix de la meilleure série documentaire au festival du film de Jérusalem). Le film qui en a été extrait, « I shot my love » (2010) a été diffusé en avant première à la Berlinale . A voir à l’auditorium du MAHJ dimanche 6 février à 20h.

 

 

 

 

 

Programmation de « Mémoire familiale » :

Dimanche 6 février 2011
14 h Sous le chapiteau des Pauwels
Réalisation : Agnès Bensimon
Belgique, documentaire, 2008, 51 min
Coproduction RTBF, ARTE G.E.I.E, WIP

La vie d’une famille juive où depuis six générations l’on est clown, musicien ou jongleur. Aujourd’hui, Marquis, le fils de Pépète transmet l’héritage des arts du cirque et de la tradition juive à son fils Samuel, jongleur, seize ans, appelé à devenir le nouveau directeur du chapiteau Pauwels.

La Force de la musique, la famille Wallfisch
Réalisation : Mark Kidel
Allemagne, Royaume-Uni, documentaire, 2010, 52 min
Production Calliope Media (en association avec ZDF et EBU), VO en anglais sous-titré en français
La famille Wallfisch, ce sont trois générations d’artistes qui consacrent leur vie à la musique et qui, d’une certaine manière, lui doivent leur vie. D’Anita Lasker-Wallfisch, la grand-mère, qui compte parmi les dernières survivantes de l’orchestre des femmes d’Auschwitz, à Benjamin, Jo et Simon, ses petits-enfants, portrait d’une extraordinaire dynastie de musiciens.

16 h : Et leur nom, ils l’ont changé

Réalisation : Céline Masson
France, documentaire, 2010, 70 min
Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah,
Production Studio Vidéo de l’Université Paris-Diderot

Ce film recueille des témoignages de plusieurs familles juives ashkénazes qui racontent l’histoire de leur changement de nom, qu’il ait été changé par leurs parents ou par eux-mêmes. Lorsque la deuxième génération entreprend une démarche pour revenir au nom d’origine, elle découvre qu’une jurisprudence en France ne permet pas le retour au nom aux motifs de l’immutabilité du nom et du retour à un nom « à consonance étrangère »…

17 h 30 : Automne oublié
Réalisation : Régina Maryanovska
France-Ukraine, documentaire, 2008, 20 min, VO en russe sous-titrée en français.
Production Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis

Vera Chmeleva est née en France dans une famille aisée. Elle mène les derniers jours de sa vie à Odessa, en Ukraine, dans la pauvreté et la solitude. À plus de 98 ans, elle doit encore lutter pour sa survie.

La Mère de Valentina
Réalisation : Arik Lubetzky et Matti Harari
Israël, fiction, 2008, 80 min, INDY Film Productions (sortie le 26 janvier), VO en hébreu sous-titrée en français
D’après une nouvelle de Savyon Liebrecht
Avec Ethel Kovinska (Paula) et Silvia Drori (Valentina)

Paula, 79 ans est une rescapée de l’holocauste. Elle vit seule et peut difficilement se déplacer. Son fils unique, Shlomo, voudrait qu’elle déménage dans une maison de retraite et tente de prendre soin d’elle. Mais elle lui résiste. C’est alors que son amie Friedel lui présente Valentina, une jeune polonaise, pour être son aide à domicile. Contre toutes attentes, Paula accepte et en peu de temps s’installe entre elles une étrange relation nourrie par les souvenirs d’enfance de Paula. Ce film est l’adaptation d’une nouvelle de Savyon Liebrec.

20 h : The Way Home, En présence du réalisateur
Réalisation : Tomer Heymann
Israël, série documentaire, 2009, 2 premiers épisodes, 2 x 30 min, VO en hébreu sous-titrée en anglais

À la manière d’un journal filmé, Tomer Heymann a suivi ses proches durant quinze ans, retraçant l’histoire de sa famille. Le questionnement d’un réalisateur homosexuel sur le sens de la famille, au cœur de celle-ci.

Lundi 7 février 2011
18 h : Moi, petite fille de treize ans. Simone Lagrange témoigne d’Auschwitz
Réalisation : Florence Coronel, Florence Gaillard et Arnaud de Mezamat
France, documentaire, 2009, 88 min
Production Abacaris Films, avec la participation de France Télévisions

Déportée à l’âge de treize ans, Simone Lagrange est une survivante d’Auschwitz-Birkenau et fut un des témoins clés du procès Barbie. Le film recueille son récit. Aux adolescents qui l’écoutent, elle dit : « Je ne suis pas devenue ce qu’ils auraient voulu que je sois ».
Dans la vigueur de sa parole se retrouvent l’enfant de treize ans qu’elle était autant que la révolte et la ténacité qui ont toujours été siennes.

Bon-Papa
France, documentaire, 2007, 69 min
Production Bix Films, coproduction France 3 Bourgogne, Franche-Comté, Télé Alsace

À la recherche du passé obscur de son grand-père paternel, la réalisatrice nous plonge dans la France vichyste de la Révolution Nationale. À travers l’engagement d’un homme ordinaire se révèle une partie de l’histoire refoulée des Français. Cette traversée se heurte au silence et à l’évitement de la petite à la grande histoire pour enfin faire advenir la parole.

21 h : Et si

Réalisation : Serge Lalou
France, documentaire, 2010, 100 min
Zadig Productions et Les Films d’Ici
Avec Bruno Putzulu, Jean-Claude Lalou, Sabrina Perret et la participation de Rachida Brakni

Nul ne peut se plaindre de la vie, elle ne retient personne, se répète Gabriel, 75 ans. L’histoire commence quand, une nuit, le vieil homme indigne quitte son domicile et décide de s’inventer une nouvelle vie. Serge Lalou a demandé à son père d’incarner Gabriel aux côtés de deux comédiens Bruno Putzulu et Sabrina Perret pour nous entrainer dans un voyage/mémoire de Boulogne Billancourt au Sud de l’Algérie, dans cet endroit singulier où naissent les histoires.

Mardi 8 février 2011
18 h : La Tribu de Rivka
Réalisation : Sabrina Van Tassel
France, documentaire, 2010, 58 min
Coproduction Injam production, Checkpoint production et Normandie TV

« C’est une famille joyeuse et soudée à l’extrême, qui aime à se retrouver pour fêter le nouvel an juif en compagnie des « pièces rapportées », enfants et petits-enfants. Comme inséparables, les six frères et sœurs Zalcberg, nés dans les années 1920 et 1930, croquent encore l’existence à pleines dents. Sans doute parce qu’ils ont frôlé la mort de très près… »
Télérama, 18 octobre 2010

19 h 30 : Pizza à Auschwitz
Réalisation : Moshe Zimerman
Israël, documentaire, 2008, 65 min
Trabelsi Productions
VO en hébreu, anglais, polonais, lituanien sous-titrée en français

Road movie à travers la Lituanie et la Pologne.
À 74 ans, Danny Chanoch, survivant de la Shoah, entreprend un voyage sur les traces de son enfance et dans les camps de concentration où il a été interné à l’âge de 8 ans. Sa fille Miri (38 ans) et son fils Shagi (40 ans) l’accompagnent, ainsi que le réalisateur, lui-même fils de rescapés de la Shoah.
Une tragi-comédie sur un héritage impossible.

Elie et nous
Réalisation : Sophie Brédier
France, documentaire, 2010, 69 min
Production Agat Films
Sélection Cinéma du réel 2010

Ancien déporté d’Auschwitz, Elie Buzyn s’est fait enlever, en 1956, le matricule que les Allemands avaient tatoué sur son bras. À sa place, aujourd’hui, une cicatrice blanche, plissée, comme une brûlure ancienne, la marque d’un fer. Le bout de peau avec le tatouage, Elie l’a gardé précieusement, enveloppé dans un mouchoir. Mais un jour, on lui vole sa veste avec, dans sa poche, le précieux « parchemin ». Ce jour-là, le monde d’Elie s’effondre. Non seulement le passé remonte – mais surtout la disparition de la marque du bourreau met à jour une blessure symbolique plus profonde, une aliénation plus sournoise, caractéristique de la perversité de la solution finale.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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