Actu
Martin Scorsese imagine un nouveau rendez-vous des grands classiques du cinéma

Martin Scorsese imagine un nouveau rendez-vous des grands classiques du cinéma

09 mai 2022 | PAR Lison Rabot

L’association The Film Foundation dirigée depuis sa création en 1990 par Martin Scorsese, ouvrira ce lundi 9 mai une salle de projection virtuelle. Dédiée à la restauration et la préservation des films, l’association diffusera tous les mois sur sa plateforme un long-métrage restauré, présenté par le cinéaste et suivi d’une séance de discussions avec des historiens, réalisateurs et archivistes. La première mettra à l’honneur l’œuvre de Michael Powell et Emeric Pressbruger « I know where I’m going » (1945).

« The restoration screening room »

En réponse à la crise subie par la société Netflix qui s’attend à perdre deux millions de clients au cours du trimestre en cours selon le journal britannique The Guardian , Martin Scorsese propose une alternative. Grâce à son association à but non lucrative qui oeuvre depuis plus de trois décennies à sauvegarder et promouvoir les grands classiques, le cinéaste américain imagine une nouvelle manière d’apprécier des œuvres d’auteurs mais aussi, un nouveau modèle de consommation du cinéma, en partenariat avec les plateformes Oracle et DelphiQuest. Prenant le contrepied du binge-watching, ces séances seront diffusées gratuitement tous les deuxièmes lundis du mois pendant seulement 24h et auront une heure de rendez-vous privilégiée, comme dans la vraie vie lors d’une avant première.

Ce lundi 9 mai à 19h, Martin Scorsese introduira son public au grand classique du cinéma d’après guerre de Max Powell et explicitera son processus de restauration récemment abouti par la Film Foundation et la BFI (British Film Institute’s National Archive). La séance se poursuivra sur une conversation avec la comédienne Tilda Swinton, la cinéaste Joanna Hogg, le directeur Kevin Macdonald et Thelma Schoonmaker, monteuse attitrée de Scorsese et veuve de Powell qui expliqueront pourquoi ce film a compté dans leur carrière et leur éducation cinématographique. “Many of these presentations will feature restorations that are rarely seen, with myself and other filmmakers sharing why these films are important, how they have impacted our lives, and why it’s crucial that they be preserved”.

Comme son nom l’indique, en plus d’être la consécration d’un long travail de restauration, « the Restoration Screening room » ouvre un espace d’inspiration et de découverte pour tous les publics. Cinéphile érudit et cinéaste généreux, Martin Scorsese voue à son association un véritable potentiel pédagogique qu’il n’hésite pas à revendiquer : « Our American artistic heritage has to be preserved and shared by all of us. Just as we’ve learned to take pride in our poets and writers, in jazz and the blues, we need to take pride in our cinema, our great American art form.” L’association a d’ailleurs ouvert un site, The Story of Movies, qui propose gratuitement aux étudiants divers cours portés sur de grandes thématiques du cinéma américain afin qu’ils aient les clés pour « lire » le cinéma d’auteur. 

Une programmation signée Scorsese

Mise à l’honneur l’an passé à l’occasion d’une séance Cannes Classics au Festival de Cannes, la restauration de I know where I’m going a été sélectionnée par Scorsese, et son associé, le critique et réalisateur Kent Jones pour l’événement. Cette comédie romantique produite par la maison indépendante fondée par Max Powell et Emeric Pressbruger Archers Film Productions, met en scène Joan Webster (Wendy Hiller), une jeune anglaise, prête à tout pour réussir sa vie. En route pour se marier avec un riche industriel qu’elle n’a encore jamais rencontré, elle se retrouve coincée sur une île avec un jeune officier de la Royal Navy, Torquil McNeil (Roger Livesey). Leurs destins chamboulés, ils vont apprendre à se connaître et à s’aimer malgré leurs différences.

En plus d’être un éternel admirateur de la photographie de Max Powell, Scorsese prétend teinter d’une couleur particulière sa salle de projection virtuelle grâce à l’oeuvre de ce duo de cinéastes audacieux ayant réalisé dans les années 1940 et 50 une série ininterrompue de chefs-d’oeuvres profondément britanniques et universelles à la fois  (The Red Shoes, A Matter of Life and Death, Black Narcissus ou encore The Life and Death of Colonel Blimp). Leur travail donne le ton juste à la programmation de la Restoration Screening Room qui mettra en valeur une large de gamme de restaurations de films classiques, d’avant-garde, indépendants, mais aussi des documentaires, court-métrages et des films muets de toutes époques, de tous genres et régions du monde. Les films à venir déjà annoncés comptent le film La Strada, de Federica Fellini, le classique indien Kummatty, le film noir “Detour”, “The Chase,” “Sambizanga,” “One-Eyed Jacks,” “Moulin Rouge” (1952), “Lost Lost Lost,” et bien d’autres…

Un rendez-vous des grands classiques du cinéma, mais surtout d’oeuvres ressuscitées et sélectionnées par Martin Scorsese. Pas encore disponible sur les serveurs français (sauf réseau VPN), l’inauguration de la boite imaginaire du cinéaste sera disponible dès demain aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre. 

 

 

Visuels : © I Know Where I’m Going, Film Foundation

Bernhard Schlink: Couleurs de l’adieu
Monet/Rothko : deux géants de la couleur au Musée des impressionnismes de Giverny
Lison Rabot

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture