Cinema

Mainline : merveilleuses femmes iraniennes

Mainline : merveilleuses femmes iraniennes

04 avril 2011 | PAR Geraldine Pioud

« Mainline » est un o.f.n.i, réalisé par une femme dans un pays (l’Iran) où leur parole n’est pas vraiment écoutée. Cela suffirait peut-être à rendre cette oeuvre filmique unique et étonnante, mais ce que nous propose Rakhshan Bani-Etemad et Mohsen Abdolvahab est un vrai état de lieu, pas seulement un film de femme qui parle aux femmes. À voir sans hésitation!

Synopsis : « Pendant que son fiancé étudie à l’étranger, Sara, étudiante à l’Université, fait une rechute dans la prise d’héroïne. Lorsqu’il annonce son retour et envisage son mariage, Sara et sa mère s’embarquent dans un voyage désespéré pour trouver un centre de désintoxication à la campagne.
Ce portrait de la jeunesse dans la middle-classe de la société iranienne donne une vision poignante de l’usage de la drogue dans l’Iran contemporain. »

Dans un pays plutôt dominé par la gent masculine, Mainline a l’audace de nous proposer un portrait de femmes, une mère et sa fille soudées malgré (ou grâce à?) la dépendance à la drogue. Road-movie parfois dérangeant (certaines scènes de désespoir sont particulièrement troublantes), il met surtout en perspective la lutte et l’espoir d’une mère face à la terrible dépendance de son enfant. Et si cette femme doit sauver sa fille, cela n’est pas uniquement pour sa santé : Sara va se marier, et l’angoisse qu’elle soit abandonner si son futur époux apprenait pour la drogue semble parfois prendre le pas sur tout le reste. Appartenir à la « middle-classe » iranienne n’empêche pas les compromis et les mariages arrangés. Non. Il n’y a pas que les catégories pauvres de la population qui se droguent en Iran. La dépression ne se soucis pas de ce genre de détail.

L’impact de Mainline tient par ailleurs en grande partie à l’esthétique. Un travail minutieux a été fait sur le traitement des couleurs. Tendant parfois vers le noir et blanc ou le sépia, l’image évoque le fantasmagorique, cauchemar éveillé rendu plus réel par son détachement à la réalité. Et puis il y a cette musique, échappatoire aussi superficielle que la drogue, elle entraîne les personnages dans des sphères mystiques, toujours plus loin de la réalité. Mainline est comme une fuite en avant qui se voudrait salvatrice. Un film fort et troublant sur le rôle des femmes et sur la drogue. Sans caricature ni compromis. Une vraie claque cinématographique!

Et n’hésitez pas à participer à notre jeu concours!

Mainline (Khoon Bâzi), de Rakhshan Bani-Etemad et Mohsen Abdolvahab, avec Baran Kosari, Bita Farahi, Bahram Radan, Masoud Rayegan
Iran, 1h18, Drame
En salles le 20 avril 2011

Infos pratiques

Gagnez 2×15 places de cinéma pour Mainline (le 20 avril 2011 au cinéma)
Noblesse Oblige Distribution
Geraldine Pioud

3 thoughts on “Mainline : merveilleuses femmes iraniennes”

Commentaire(s)

  • ROUAH David

    L article donne envie de voir le film. C’est rare dans un pays muselé d’avoir des voix qui s’expriment. Le problème de la drogue en Iran est le probléme d’une jeunesse brimée par un systeme totalitaire.
    L amour a besoin de liberté pour naitre et s’épanouir, un état de terreur est peu propice à cela…Cette jeune fille cherche peut etre à se desintoxiquer du lavage de cerveau imposé par le dictateur au pouvoir

    avril 5, 2011 at 9 h 34 min

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