Cinema
L’Irlandais, un premier film « mélancomique » et furieusement décalé

L’Irlandais, un premier film « mélancomique » et furieusement décalé

15 décembre 2011 | PAR Vincent Brunelin

Frère du réalisateur de Bons Baisers de Bruges, John Michael McDonagh signe une comédie atypique souvent hilarante, politiquement incorrecte et teintée de mélancolie. Un vrai coup de cœur ! Sortie le 21 décembre.

Synopsis : Boyle est un flic irlandais, flegmatique et solitaire, amateur de Guinness, de poésie et de prostituées à ses heures perdues. En poste dans un petit village de la côte irlandaise où il ne se passe jamais rien, il passe ses journées à faire respecter la loi… au pub local. Malheureusement pour lui, des trafiquants de drogue ont jeté leur dévolu sur cette région endormie comme base de leurs opérations. Le petit village irlandais va bientôt se retrouver au cœur d’une importante opération anti-drogue menée par le FBI…

Le sergent Gerry Boyle a la Guinness mauvaise, un franc-parler et des méthodes peu orthodoxes, et de surcroît quelques préjugés racistes. En bref, faut pas trop venir l’embêter. Il va pourtant devoir bien malgré lui faire équipe avec un super agent du FBI (Don Cheadle) pour mettre la main sur les vilains trafiquants. Un sujet maintes fois rebattu se dit-on. Certes, mais rarement traité de cette manière là.

L’évidente parenté de ce long-métrage avec Bons Baisers de Bruges trouve son explication à plus d’un titre. Bien sûr, à travers le lien familial qui unit les deux réalisateurs (John Michael McDonagh et Martin McDonagh sont frangins). Par la présence de l’acteur Brendan Gleeson – toujours excellent – en tête d’affiche. Et si L’Irlandais (The Guard en version originale) exploite une veine plus décalée et absurde, on retrouve néanmoins l’humour noir et le ton désabusé qui faisaient la force du film avec Colin Farrell.

Suivant les codes du buddy movie, cette étrange enquête policière aux allures de nouveau western joue à merveille sur les antagonismes du tandem dans une suite de dialogues improbables mais jouissifs. On pense notamment à Edgar Wright et son Hot Fuzz, un soupçon de finesse supplémentaire dans l’écriture. La réussite de la comédie doit aussi beaucoup au duo d’acteurs (ainsi qu’à la galerie de personnages loufoques qui les entourent), Brendan Gleeson en tête, dont l’interprétation tout en rondeur permet de susciter la sympathie du spectateur malgré les horreurs proférées par son personnage.

Sur la forme, il se dégage une réelle fraicheur de cette série B au réalisme terne et à la mise en scène foutraque et bancale qui s’assume pleinement. Mais derrière la comédie se nichent ça et là des instants de poésie et d’humeur mélancolique. Si certains passages plus graves s’avèrent pour le coup moins convaincants que dans Bruges, car un peu en dehors du récit, les scènes entre Gerry Boyle et sa mère (Fionnula Flanagan, déjà vue dans la formidable mais injustement méconnue série Brotherhood) se révèlent très réussies. Sans oublier la merveilleuse B.O signée Calexico, aux sonorités mariachi délicieusement décalées avec les verts paysages irlandais. Un petit bijou dépressivo-comique qu’il faut donc s’empresser d’aller voir.

 

L’Irlandais, de John Michael McDonagh, avec Brendan Gleeson, Don Cheadle, Mark Strong
Irlande, 1h36, Comédie, Policier
Sortie le 21 décembre 2011

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2 thoughts on “L’Irlandais, un premier film « mélancomique » et furieusement décalé”

Commentaire(s)

  • Vu ! Effectivement on a bien rigolé devant ce petit bijou imprévu. Une excellente surprise.

    décembre 16, 2011 at 3 h 43 min

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